(Londres) Vidéo de dernière minute et interrogatoires serrés des témoins défavorables : les avocats de Johnny Depp ont joué vendredi leurs dernières cartes pour tenter de discréditer les accusations de son ex-épouse Amber Heard, au procès intenté par l’acteur à un tabloïd britannique qui l’avait qualifié de mari violent.

Sylvain PEUCHMAURD
Agence France-Presse

Après trois semaines d’audience devant la Haute Cour de Londres, le procès en diffamation approche de son terme.

Chacun des 14 incidents invoqués par le Sun pour sa défense est vivement contesté par le héros de Pirates des Caraïbes. Johnny Depp, 57 ans, affirme n’avoir jamais levé la main sur une femme et accuse en retour de violences son ex-épouse Amber Heard, qu’il dépeint comme une calculatrice narcissique et sociopathe.

Vendredi, les avocats de Johnny Depp ont cherché à démontrer que l’actrice de 34 ans pouvait se montrer violente.

Ils ont ainsi introduit dans les débats des extraits vidéos issus du tournage d’une émission de téléréalité datant de 2006-2007. Reçues la veille d’une source anonyme, ces images montrent la sœur de l’Américaine de 34 ans, Whitney Henriquez, questionnée autour d’une piscine par d’autres participantes sur des marques sur son visage et le haut de sa poitrine, qui n’apparaissent pas de manière évidente sur les images de médiocre qualité.  

« Je n’arrive pas à croire qu’Amber t’ait botté les fesses », entend-on l’une des participantes dire à Mme Henriquez. « Tu t’es battue ? », continue-t-elle en inspectant le corps de la jeune femme, ajoutant : « Elle t’a vraiment botté les fesses ». Face aux questions pressantes, Whitney Henriquez rétorque qu’elle ne veut pas en parler.

« D’abord, c’était vraiment une mauvaise émission de téléréalité », a souligné la sœur de l’actrice, après le visionnage de ces extraits.

La jeune femme a ensuite expliqué qu’elle faisait référence à une « dispute verbale », pas « physique ». Sous le feu roulant des questions d’Eleanor Laws, avocate de Johnny Depp, elle a répété que les autres participantes n’avaient d’autre but que de tenter de pimenter une conversation d’une totale platitude, de « créer une histoire », en « cherchant des blessures qui n’étaient pas là ».

Peur de « représailles »

« On ne voit aucune marque », a-t-elle souligné, répétant que sa sœur avait bien été victime de « violences domestiques ».

En vidéo-conférence depuis Los Angeles, Rachel Pennington, « meilleure amie » d’Amber Heard au temps où elle était avec Johnny Depp, a témoigné en ce sens. Elle a néanmoins admis n’avoir jamais vu l’acteur se montrer violent avec l’actrice américaine.

Rapidement, l’avocate de Johnny Depp a resserré l’étau autour de la jeune femme. « Vous avez fabriqué tout ça n’est-ce pas ? Vous avez menti et menti encore pour votre amie », lui a-t-elle lancé. Réponse catégorique : « absolument pas ».

Rachel Pennington a affirmé avoir vu en décembre 2015 une Amber Heard aux cheveux arrachés, à la lèvre abimée et avec des blessures au cuir chevelu. L’avocate de M. Depp l’a alors accusée d’avoir pris des photos pour « cataloguer des choses » qui « ne se sont pas produites », ce que le témoin a catégoriquement contesté.

Question après question, Eleanor Laws a accusé la jeune femme d’avoir participé aux mensonges dont elle accuse Amber Heard qui, dans cette procédure, a le statut de témoin cité par le Sun.

Tout dernier témoin dans ce procès qualifié de « blockbuster » dans la presse britannique, iO Tillet Wright, un ami d’Amber Heard. Le 21 mai 2016, il était au téléphone avec Amber Heard pendant une dispute avec Johnny Depp et a fini par appeler la police.

Alors que son amie était accusée d’être animée par des motivations financières, il avait pris sa défense en écrivant à sa demande un article publié sur l’internet. « Personne ne voulait le faire publiquement, parce ce qu’ils avaient peur de représailles de la part de Mr Depp », a-t-il affirmé. À l’époque, nombreux sont ceux qui craignaient d’être « blacklistés » à Hollywwod s’ils prenaient fait et cause pour Amber Heard, a-t-il affirmé, expliquant qu’après la publication de l’article, son agent avait été « menacé ».

Le procès se poursuit lundi et mardi avec les plaidoiries des avocats.