(Montréal) Téléfilm revient sur les nouvelles règles qu’il souhaitait imposer pour le choix du film canadien soumis aux Oscars dans la catégorie du meilleur film international.

Jean Philippe Angers
La Presse canadienne

Dans une lettre à La Presse, dimanche, le cinéaste Philippe Falardeau qualifiait ces règles d’« absurdes » et « inadmissibles ».

Selon le quotidien, celles-ci stipulaient que pour être soumis au jury canadien, un film devait avoir été sélectionné dans au moins l’un des 13 festivals énumérés par Téléfilm — incluant Cannes, Venise, Sundance et Locarno — ou être représenté par un agent de ventes des États-Unis, un distributeur américain ou un agent de ventes international.

En fait, Téléfilm indique lundi que ces règles ne seront pas obligatoires, à tout le moins pour cette année. Il s’agira d’un critère d’évaluation de la candidature au même titre que d’autres, plutôt qu’un critère contraignant d’« admissibilité ».

La porte-parole Francesca Accinelli a laissé entendre en entrevue à La Presse canadienne que les membres de l’industrie n’avaient pas été suffisamment consultés sur cet enjeu.

Des préoccupations ont été exprimées à Téléfilm depuis l’envoi d’un avis à l’industrie sur les nouvelles règles la semaine dernière, dont avait d’abord fait état La Presse.

Un nouvel appel d’inscriptions révisé doit être envoyé mardi. Dans ce document obtenu par La Presse canadienne, Téléfilm affirme avoir décidé, « que pour cette année, ces critères seront indiqués à titre de critères d’évaluation uniquement ».

Tous les films canadiens qui répondront aux critères de l’Académie des Oscars pourront être soumis au comité de sélection.

« Par la suite, nous travaillerons de concert avec l’industrie afin d’apporter des changements au processus qui tiendront compte de l’évolution actuelle de l’industrie audiovisuelle au niveau international », ajoute-t-on.

Par ces nouveaux critères, Téléfilm veut « mettre plus de chance » du côté canadien dans une route vers les Oscars qui est « très compétitive », a fait valoir Mme Accinelli, afin d’assurer une visibilité plus grande au film choisi pour représenter le Canada.

Dans sa lettre dimanche, Philippe Falardeau, finaliste aux Oscars dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère — renommée meilleur film international — en 2012 avec Monsieur Lazhar, estimait que la refonte par Téléfilm n’apportait « aucun nouveau critère d’évaluation qualitatif ou artistique ».

Il déplorait que Téléfilm se substitue de facto à l’Académie des Oscars en ajoutant des critères de son cru, « des critères qui n’apparaissent pourtant nulle part dans les règlements de l’Académie, même dans la catégorie principale de meilleur film ».

Philippe Falardeau n’a pu être joint par La Presse canadienne, lundi.