Six ans après la première adaptation cinématographique du jeu vidéo du même nom, voici un nouvel épisode, en 3D cette fois. Connaisseurs et néophytes y trouveront-ils leur compte?

Mis à jour le 24 oct. 2012
Marc-André Lussier LA PRESSE

À qui pense-t-on quand on conçoit un film tiré d'un jeu vidéo très connu? Aux adeptes qui connaissent déjà toutes les astuces du récit? Ou vise-t-on un public plus large? Pour le producteur français Samuel Hadida (Resident Evil) et le réalisateur britannique Michael J. Bassett (Deathwatch), la réponse est claire: il faut satisfaire les attentes de tout le monde.

«C'est probablement l'objectif le plus difficile à atteindre, concédait le réalisateur au cours d'une rencontre de presse tenue à New York la semaine dernière. Il faut d'abord établir des liens avec le premier film, mais il faut quand même faire en sorte que le nouvel épisode puisse être vu et compris de façon autonome. Il n'y a d'ailleurs aucune récapitulation ni aucun prologue. Tu veux plaire au simple amateur de film d'horreur qui, peut-être, ne connaît rien de l'univers du jeu vidéo duquel le film est tiré, et tu veux en même temps faire plaisir au connaisseur en lui donnant des éléments qui lui sont spécifiquement destinés.»

Silent Hill: Revelation s'attarde à décrire le parcours terrifiant d'une adolescente qui, à la veille de ses 18 ans, découvre des choses sur elle-même et sur ses proches. Ces révélations risquent de la piéger éternellement dans un monde infernal.

«Le film d'horreur est un genre très vaste et très diversifié, fait remarquer Michael J. Bassett. Un film agira sur le spectateur selon l'âge qu'il a, où il en est dans sa vie et l'environnement dans lequel il évolue. Le genre est particulièrement prisé des ados, car il fait souvent écho à des transformations physiques et psychologiques sur lesquelles tu n'as plus aucun contrôle. Ils peuvent facilement s'identifier à ces changements, à ces mutations.»

La vieille école

Même s'il contient de nombreux effets visuels, Silent Hill: Revelation est un film tourné «à l'ancienne». Pour créer l'illusion de son monde parallèle horrifique, Michael J. Bassett n'a pas voulu recourir aux images de synthèse.

«Même si l'action est campée dans un monde inventé, j'estime qu'il faut quand même un minimum de réalisme si on veut que le spectateur croie à ce qu'il voit sur l'écran. Et puis, la direction d'acteurs devient très compliquée quand vient le moment de leur expliquer ce qu'ils doivent faire devant un écran vert. Je préfère de loin les planter dans un vrai décor, entourés d'autres acteurs revêtus de costumes et de maquillages.»

Silent Hill: Revelation a aussi été tourné en 3D.

«Mais attention, il s'agit d'un vrai 3D, précise le réalisateur. Quand les producteurs ont avancé l'idée de faire le film en relief, j'avoue avoir eu des réticences au début. Parce que le résultat n'a pas toujours été heureux. Or, il s'avère que leur intention était de tourner le film en 3D et non d'ajouter ensuite des effets de relief en postproduction seulement. Tout le monde a en tête le désastre que fut Clash of the Titans à cet égard. En plus d'avoir été tourné en 3D, Silent Hill: Revelation a été cadré en 3D et monté en 3D. La vraie affaire d'un bout à l'autre, quoi!»

Des acteurs «contaminés» !

Les deux têtes d'affiche de Silent Hill: Revelation sont Adelaide Clemens et Kit Harington. Les jeunes acteurs sont entourés de quelques pointures, parmi lesquelles Sean Bean, Martin Donovan, Carrie-Anne Moss, Deborah Kara Unger, Malcolm McDowell et Radha Mitchell.

Mlle Clemens, d'origine australienne, a jusqu'ici fait sa marque à la télévision. Elle a aussi décroché un rôle dans The Great Gatsby, l'adaptation du roman de Fitzgerald que proposera son compatriote Baz Luhrmann l'été prochain. De son côté, M. Harington est l'une des têtes d'affiche de la série à succès Games of Thrones. Les deux acteurs disent avoir été «contaminés» par l'enthousiasme du réalisateur Michael J. Bassett.

«Je crois que la raison pour laquelle les ados sont si friands des films d'horreur réside dans le fait que le genre appelle des réactions très instinctives, fait remarquer Adelaide Clemens. C'est un bon moyen de vivre une expérience collective et d'établir une complicité entre amis!»

«On adore être terrifiés, ajoute le Britannique Kit Harington, fan de The Exorcist et de The Shining. En fait, ça fait écho au plaisir de vivre des émotions extrêmes dans un environnement sécuritaire!»



Silent Hill: Revelation (Silent Hill: Révélation en version française) prend l'affiche le 26 octobre. Les frais de voyage ont été payés par Alliance Vivafilm (Open Road Films).