Jean-François Guay COLLABORATION SPéCIALE

Même si l'Escape est commercialisé depuis 2001, ce dernier semble faire partie du paysage depuis aussi longtemps les Honda CR-V et Toyota RAV4 apparus en 1997. Par ailleurs, il faut voir tous les véhicules utilitaires sport de Ford alignés côte à côte pour réaliser que l'Escape partage plusieurs traits de famille avec ses frères Explorer, Expedition et Excursion. Cette ressemblance explique en partie cette impression de déjà vu. Qui plus est, il est une copie presque conforme de son cousin Mazda Tribute. Par ailleurs, le grand nombre d'Escape sur nos routes n'est pas étranger à cette perception, puisqu'au cours des dernières années l'Escape a été le VUS compact le plus vendu au pays.

La popularité de l'Escape contraste avec ses débuts laborieux en 2001. On se rappellera que divers problèmes de fiabilité et de nombreuses campagnes de rappel avaient miné la confiance des consommateurs qui préféraient alors se procurer un VUS japonais. Cependant, une amélioration de la qualité d'assemblage en 2002 et 2003 avait permis à l'Escape de redorer son blason. D'ailleurs, ce redressement était indispensable si Ford voulait que son modèle «Hybrid» fasse une percée. En effet, il aurait été suicidaire de mettre en marché un véhicule aussi révolutionnaire si la qualité de fabrication n'était pas au rendez-vous.

À part l'amélioration de la fiabilité, l'engouement pour l'Escape était dû également à ses nombreuses variantes. Alors que les anciens CR-V et RAV4 étaient offerts uniquement avec un moteur quatre cylindres et un système de traction intégrale, il était possible de se procurer un Escape à deux ou quatre roues motrices propulsé par un quatre cylindres ou un V6. Malgré les préjugés, un rouage à quatre roues motrices n'est pas indispensable dans un VUS. Chaussé de bons pneus d'hiver, un Escape à traction avant est aussi efficace si le conducteur fait preuve de prudence.

En 2003 et 2004, le quatre cylindres de 2 litres (127 chevaux) n'était offert que sur les modèles à deux roues motrices. En 2001 et 2002, il était possible de commander un Escape à moteur quatre cylindres et quatre roues motrices, tandem peu recommandable à cause de l'effort qu'exige le rouage intégral pour une si petite cylindrée. Cependant, le lancement d'un quatre cylindres de 2,3 litres (153 chevaux) en 2005 a permis de réinscrire cette combinaison dans le catalogue des commandes. Pour le remorquage ou pour rouler en région montagneuse, le V6 de 3 litres est tout indiqué. Fort de 200 chevaux, il permet de tirer une charge de 1588 kilos alors que les anciens CR-V et RAV4 devaient limiter leur charge à 688 kilos. Si le quatre cylindres pouvait être couplé à une boîte manuelle à cinq vitesses ou une automatique à quatre rapports, seule cette dernière était jumelée au V6.

Par rapport à ces rivaux japonais la dépréciation de l'Escape est plus importante et il s'avère moins fiable (surtout les modèles 2001-2002).