La posture que vous adoptez au volant est aussi importante que celle que vous choisissez pour travailler à l'ordinateur, pour lire, pour regarder une émission de télévision ou pour manger.

Raymond Gervais LA PRESSE

Lorsqu'on est mal assis, la position devient rapidement inconfortable et on a tendance à avoir la bougeotte. S'il est facile de se lever pour faire le tour de son fauteuil à la maison ou au bureau afin de changer le mal de place, c'est une autre affaire derrière le volant, d'où l'importance de prendre le temps de s'installer confortablement avant de démarrer.

 

À première vue, cela peut sembler curieux de parler de posture au volant. Comment s'asseoir autrement que derrière le volant pour conduire, direz-vous? Ce qui peut sembler évident ne l'est pas nécessairement. Selon le sergent Roberto Reggi, instructeur-chef en conduite à la Sûreté du Québec, l'importance d'un bonne position de conduite n'est pas qu'une question de confort, c'est aussi une question de performance et de sécurité. Assis correctement, non seulement l'automobiliste se fatiguera moins, mais sa conduite sera plus sécuritaire. «Lorsqu'un pilote de Formule 1 s'installe dans sa monoplace, il recherche à obtenir la meilleure performance possible en s'assurant que sa position lui permettre de maîtriser parfaitement son véhicule», précise pour sa part Sylvain Lamontagne, agent instructeur à la SQ.

Le dos droit

Assoyez-vous le plus droit possible par rapport au volant et à la bonne distance. Advenant un déploiement des sacs gonflables, ces derniers seront plus efficaces si vous êtes assis correctement. «Si on est assis trop près ou trop loin du sac gonflable, son efficacité sera réduite», ajoute Sylvain Lamontagne.

Pour ne pas perdre la tête

La prochaine étape, négligée par 90 % des automobilistes, consiste à ajuster l'appuie-tête. Un appuie-tête mal ajusté n'est d'aucune utilité et pourrait causer une entorse cervicale en cas de collision arrière. Afin d'offrir une protection maximale, l'appuie-tête doit être à un maximum de 10 centimètres de la tête. Le milieu de l'appuie-tête doit arriver à la hauteur des yeux ou au bord supérieur des oreilles.

Miroir, miroir!

Le rétroviseur intérieur doit être ajusté afin d'y voir la lunette arrière dans son ensemble si possible. Les rétroviseurs extérieurs doivent être écartés des ailes arrière du véhicule afin de réduire les angles morts. Si vos rétroviseurs sont bien réglés, vous devriez devoir vous pencher la tête de chaque côté pour voir les ailes de votre véhicule. Les angles morts sont ainsi réduits. Lorsque vous perdez de vue le véhicule derrière vous dans votre rétroviseur intérieur, vous devriez le voir apparaître dans l'un de vos rétroviseurs latéraux. Lors du dépassement de votre voiture par une autre automobile, vous devriez pouvoir l'apercevoir dans votre champ de vision périphérique dès que vous la perdez de vue dans le rétroviseur extérieur.

Les pieds en appui

 

La première chose à faire en se glissant derrière le volant consiste à ajuster la banquette, soit vers l'avant ou vers l'arrière, puis en hauteur et en inclinaison si ces ajustements existent. Ajustez ensuite le dossier. Vous devriez pouvoir obtenir un point d'appui au plancher avec le pied gauche.

Un truc facile

Si le volant est inclinable et rétractable, c'est le moment de l'ajuster. Le haut du volant doit être à la hauteur du menton. La façon d'en déterminer la bonne distance consiste à tendre le bras par-dessus le haut du volant de manière à pouvoir casser le poignet tout en gardant l'omoplate contre le dossier. Assis de cette façon et avec un bon appui, il sera plus facile d'appliquer la bonne pression sur la pédale de frein. Un truc facile, afin de vérifier si vous êtes à bonne distance, consiste à pouvoir placer le pied au plancher, sous le frein.

Comme en F1

Afin de pouvoir réagir rapidement en situation d'urgence, il est important d'avoir une bonne prise sur le volant. L'agent Lamontagne recommande la position 9h15, celle des pilotes de F1, au lieu du 10h10 traditionnel. «La position 9h15 permet des mouvements de volant plus doux. Il est aussi important de placer les pouces sur le volant et non de le serrer avec les pouces, ce qui aurait pour conséquence une tendance à serrer le volant au lieu d'agir avec plus de flexibilité et de douceur. En cas de déploiement des sacs gonflables, ces derniers pourraient briser les doigts ou les poignets au lieu de les projeter vers l'extérieur», précise le policier.

Pour plus de conseils sur la sécurité routière, voyez les capsules vidéo de Raymond Gervais sur monvolant.ca

Photo André Pichette, La Presse