Dans les années 70, en Italie, une jeune fille de 13 ans est forcée, sans explications, de quitter son milieu aisé et aimant pour aller vivre avec des inconnus dans un village pauvre: sa famille biologique, dont elle ignorait jusqu'alors l'existence.

Janie Gosselin LA PRESSE

Aux yeux de tous, elle devient «la Revenue». Enfant unique toute sa vie, elle se retrouve à partager un lit avec sa soeur incontinente de 10 ans et une chambre avec trois de ses quatre frères.

Ses parents biologiques - qu'elle désigne comme «le père et la mère», car elle se refuse à les voir comme siens - sont taciturnes, distants et ne connaissent que les coups pour élever leurs enfants.

Elle devra s'habituer peu à peu à ce nouveau monde avec son dialecte particulier - bien rendu par la traduction -, ses privations et la cruauté des autres enfants; sa vie privilégiée et son intelligence scolaire ne l'y avaient pas préparée.

Elle développe un lien très fort avec sa soeur Adriana, à l'esprit pragmatique et à la spontanéité désarmante.

L'auteure rend avec finesse toute la détresse de cette jeune fille sans nom, forcée de grandir trop vite, «orpheline de deux mères vivantes» à qui on refuse des réponses. Un roman puissant sur l'abandon et l'attachement.

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La Revenue. Donatella Di Pietrantonio. Traduit par Nathalie Bauer. Éditions du Seuil. 237 pages.