L'Italien Niccolò Ammaniti n'avait pas écrit de roman depuis le très marquant Moi et toi, paru en 2012 en français et porté au grand écran. Son tout nouvel opus est un roman d'anticipation dystopique, à la fois puissant et accablant, qui porte un regard clairvoyant sur l'existence mais qui parvient difficilement à renouveler le genre sans sombrer dans certains clichés.

Laila Maalouf LA PRESSE

En 2020, la Sicile n'est plus qu'un désert de cendres sans électricité ni eau, parsemé d'ordures, de voitures abandonnées et de commerces défoncés. Voilà quatre ans déjà qu'un virus venu du Nord a décimé toute la population adulte de l'île.

Adolescente, Anna doit prendre soin de son petit frère avec pour seules consignes des notes manuscrites laissées par sa mère. Surgit le moment où le frère et la soeur doivent quitter la maison familiale et affronter un monde peuplé d'enfants, devenu chaotique.

Au fil de leur lutte pour survivre, Anna apprend à dominer ses peurs et délaisse progressivement l'enfance. Devant l'horreur et la difficulté, quiconque serait tenté de tout abandonner. Mais comme l'écrit Ammaniti avec émotion, «la vie ne nous appartient pas, elle nous traverse»; et il est de notre devoir, en tant qu'êtres humains, de vivre et de garder espoir. 

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Anna. Niccolò Ammaniti. Grasset. 320 pages.