Marcel se trouve «spécial», bien qu'objectivement la casquette de «jeune-Montréalais-moyen-contemporain» lui siée à ravir. Et comme tout aspirant adulte, il ne peut réprimer une introspection constante qui le conduit à remettre perpétuellement en question ses actions, ses proches et son environnement.

Mis à jour le 26 sept. 2014
Sylvain Sarrazin LA PRESSE

Ce sympathique narrateur, mi-vingtaine, importé de la région, cuisinier dans un petit restaurant, mène sa petite barque tranquille dans le quotidien montréalais.

Une existence parmi les plus simples, mais qui sera pourtant portée aux confins de la complexité: bridé par son caractère timide et réservé, il semble avoir perdu le cap. À ses doutes existentiel, viennent se greffer un suicide auquel il restera indifférent, une soirée branchée parmi la faune hipster du Mile End et maints tiraillements entre divers pôles féminins.

Avec une certaine justesse, mais surtout un français coloré, à la fois fin et spontané, le tout savamment tartiné d'humour, ce récit restitue les préoccupations et les démons qui assaillent toute une frange des jeunes adultes québécois - esquivant le piège du cliché «jeune trentenaire du Plateau désabusé».

On apprécie le développement de la psychologie du personnage, poussée dans ses derniers retranchements.

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Même ceux qui s'appellent Marcel. Thomas O. St-Pierre. Leméac. 296 pages.