«Qu'est-ce que je n'ai pas vu? Qu'est-ce que j'ai fait?» Ces deux questions hantent la narratrice du premier roman de la journaliste Pascale Wilhelmy.

Marie-Christine Blais LA PRESSE

Ainsi que tous ceux qui ont un proche qui s'est suicidé. Particulièrement si ce suicide survient sans «raison» claire. Pire: si ce suicide survient alors que tout semble bien aller.

En abordant franchement ce thème, Pascale Wilhelmy en profite pour parler de façon très contemporaine de la famille, de l'importance des amis, de la dépression profonde, de la sexualité rédemptrice, du sentiment de culpabilité, du corps qui «parle» quand les mots font littéralement défaut... et de la nécessité de demander de l'aide.

C'est grâce à ses deux enfants adultes que l'héroïne survit au désespoir, grâce à un «ex» bienveillant, à des «amies de fille», à une collègue de travail, à l'amour physique... et au temps.

Écrit avec limpidité et simplicité, Où vont les guêpes pèche toutefois par son côté «conte de fées» (héritage qui sauve des soucis financiers, bel amant ténébreux et habile...) et quelques maladresses. N'empêche, c'est là un premier roman plus que prometteur, sensible, sensuel et courageux.

* * *

Où vont les guêpes quand il fait froid?, Pascale Wilhelmy, Libre Expression, 174 pages.