Le cannabis et la littérature font bon ménage, depuis longtemps. Voici cinq écrivains qui en ont fumé du bon.

Chantal Guy LA PRESSE

Rabelais

Que l'écrivain le plus drôle de la littérature française ait été un fumeur de cannabis est une idée séduisante. Toujours est-il qu'à la fin du Tiers Livre, publié en 1546, on trouve un joyeux éloge et une description précise du Pantagruélion, une herbe magique qui soigne les maux et qui a toutes les propriétés du chanvre. «Au moyen de cette herbe, les substances invisibles sont visiblement saisies, prises, retenues et comme mises en prison», peut-on lire...

Shakespeare

C'est étonnant, n'est-ce pas ? Mais le plus célèbre écrivain anglo-saxon aurait fumé du cannabis, selon une très sérieuse étude du South African Journal of Science. En effet, des chercheurs ont trouvé des traces de cannabis dans les pipes de l'auteur retrouvées dans sa propriété, vieilles de plus de 400 ans! Ainsi que des traces de cocaïne, d'ailleurs. De quoi lire autrement «Être ou ne pas être», la célèbre tirade d'Hamlet...

Baudelaire

Les paradis artificiels, publié en 1860, est probablement le livre le plus célèbre sur l'expérience de la drogue et son influence sur la poésie. Et Baudelaire était plutôt critique: «Je ne comprends pas pourquoi l'homme se sert de moyens artificiels pour arriver à la béatitude poétique, puisque l'enthousiasme et la volonté suffisent pour l'élever à une existence supra-naturelle.» Baudelaire faisait partie, avec Théophile Gautier, Jacques-Joseph Moreau de Tours, Eugène Delacroix, Alexandre Dumas et Gérard de Nerval, du Club des Hashischins, à Paris, où on expérimentait cette drogue ainsi que l'opium.

Kerouac, Ginsberg et la Beat Generation

Toute la bande de la Beat Generation a fumé du pot (et consommé bien d'autres choses aussi), et c'est peut-être pourquoi, plus tard, le mouvement hippie s'est réclamé de ces auteurs, au grand dam de Kerouac qui ne se reconnaissait absolument pas dans cette culture. De son côté, son pote (haha) Allen Ginsberg sera un militant affiché pour la légalisation du cannabis. Son célèbre poème Howl de 1955, lu en public, lui vaudra un procès, car on l'accuse d'obscénité et de glorifier la drogue.

Hunter S. Thompson

Difficile de faire une virée plus gelée que celle qu'on peut lire dans Fear and Loathing in Las Vegas, paru en 1972. On y suit un journaliste et son avocat dans leur voyage «au coeur du rêve américain», sous la forte influence de substances diverses. Et c'est grandement autobiographique, car Hunter S. Thompson a à peu près tout essayé dans le rayon de la dope. Il est considéré comme le père du journalisme «gonzo», qui valorise une immersion totale du journaliste dans son sujet, et une écriture «ultrasubjective» - ça inclut de raconter ses trips de drogue en détail...

photo tirée de Wikipédia

Charles Baudelaire