Le troisième roman d’Éric Mathieu, Dans la solitude du terminal 3, procède de son désir récurrent d’offrir des voyages oniriques mystérieux. L’auteur explore les strates délétères de la solitude à l’aide d’un personnage attachant, Nathan Adler, auquel on voudrait qu’il n’arrive rien de mal.

Publié le 9 oct. 2021
Mario Cloutier Collaboration spéciale

À 19 ans, Nathan Adler fait la connaissance d’un écrivain fascinant mais dangereux, Antoine Dulys. Le jeune homme veut aussi écrire et se colle à la bande toxique entourant le célèbre romancier, des hurluberlus qui passent leur temps à boire, se droguer et baiser.

Leurs aventures ne font qu’augmenter l’anxiété de Nathan qui se sent toujours coupable de tout. Des épisodes de blackout, où il revoit sa mère alcoolique décédée, se multiplient également. On comprendra que l’amour est une drogue dont tous les personnages ont manqué au bout du compte.

C’est un livre sombre, mené à un train d’enfer, c’est le cas de le dire. Le romancier, qui connaît bien les ficelles du métier, use de diverses stratégies narratives pour garder le lecteur alerte sans trop éclairer sa lanterne. Le brouillard du mystère, où il excelle, lui permet de creuser où ça fait mal, avalés que sont ses personnages par les crocs de la nuit au fond d’une ruelle sans nom.

Même si l’intrigue débute en 1984, Éric Mathieu dresse un portrait d’une humanité semblable à la nôtre, paranoïaque et malade, dansant au bord d’un précipice. Il s’agit d’un cauchemar dont on ne sait plus comment se réveiller tellement il trouve écho dans l’écume des jours.

Dans la solitude du terminal 3

Dans la solitude du terminal 3

La Mèche

306 pages