Peu importe la destination d’un voyage, le mouvement inspire. Robert Lalonde relate ici les réflexions qui lui sont venues lors de ses déplacements en train. Il se glisse aussi dans la peau d’écrivains et d’écrivaines célèbres pour imaginer ce que le fil du rail a pu leur inspirer.

Mario Cloutier Collaboration spéciale

Ces carnets de Robert Lalonde pourraient très bien servir de manuel de création littéraire. Le mouvement de la voiture de train sur le chemin de fer incite le crayon à courir sur la feuille dans un espace-temps où l’esprit créatif peut dériver à souhait. Le paysage, les passagers, les songes éveillés, les souvenirs font ainsi émerger des pensées dans la tête de l’auteur. Le train lui donne « la sensation à la fois de renoncer au monde et de le découvrir ».

Ce paradoxe créatif lui permet également d’emprunter l’esprit d’écrivains et écrivaines qu’il admire. Un peu comme il l’avait fait avec Anton Tchékhov dans Le petit voleur, le grand lecteur qu’est Robert Lalonde n’éprouve aucune peine à entrer dans la tête de ceux et celles – Dostoïevski, Colette, Proust, Faulkner notamment – qu’il imagine à un tournant de leur carrière littéraire, mais que l’inspiration guette encore à tout moment.

La plume luxuriante de ce maître ès descriptions que demeure Robert Lalonde parvient à effacer en bonne partie le caractère répétitif du procédé, démontrant, encore une fois, que le voyage en vaut la chandelle.

Pas un jour sans un train

Pas un jour sans un train

Boréal

208 pages

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