Il y aura 20 ans en mai que Dédé Fortin a mis fin à ses jours. En prélude à ce triste anniversaire, Coup de cœur francophone présente trois soirées autour du chanteur disparu, organisées par celle qui fut son attachée de presse et amie, Lise Raymond.

Josée Lapointe Josée Lapointe
La Presse

« Je voulais vraiment qu’on célèbre ses mots et le poète qu’il a été », dit Lise Raymond, qui a vécu une grande histoire d’amitié avec le chanteur des Colocs.

« Avec Dédé, ça a fait padoum !, raconte-t-elle. Ç’a été une grande complicité. Par exemple, je travaillais chez BMG, mais j’étais la seule personne de la compagnie de disques qui avait le droit de venir le rencontrer au loft. J’étais la seule à pouvoir discuter avec lui : je l’écoutais, je le comprenais, je savais ce qu’il voulait. »

Nous rencontrons Lise Raymond à l’Hôtel10, coin Sherbrooke et Saint-Laurent, dans la suite Dédé Fortin qui occupe le tiers de l’espace du fameux loft où elle venait voir son ami. À l’époque, on entrait dans l’édifice Godin par le 2116, Saint-Laurent – l’escalier qui y menait est d’ailleurs toujours conservé derrière une vitre, et visible à partir du couloir menant à la chambre.

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

Alain Chartrand, directeur de Coup de cœur francophone, et Lise Raymond, ancienne attachée de presse des Colocs

La suite est remplie d’artefacts rappelant la vie et l’œuvre du chanteur. Et c’est là, dans ce lieu chargé d’histoire, qu’auront lieu les trois soirées autour de Dédé, organisées par le collectif Je ne suis qu’une fraction de seconde, qui est formé de Lise Raymond, Alain Chartrand de Coup de cœur francophone, le chanteur Jim Corcoran et l’ex-journaliste de La Presse Marie-Christine Blais.

Dédé, la suite...

Du 12 au 14 novembre, trois invités différents par soir — Pascale Bussières, Jean-Philippe Duval, David Marin et Pascale Montpetit, entre autres — liront des textes inédits de Dédé Fortin. Lectures qui seront suivies de discussions, le tout capté par la radio de Radio-Canada pour devenir une émission qui sera diffusée plus tard. Heureusement, devrait-on dire, puisque, vu la grandeur de la suite, seulement 20 personnes par soir pourront assister aux rencontres !

Les textes, lus et colligés avec beaucoup d’attention, ont été puisés dans une immense pile d’écrits personnels de Dédé Fortin, agendas, cahiers d’écriture et calepins de notes, qui étaient conservés chez son frère.

« Quand j’ai commencé à lire tout ça, je pleurais », raconte Lise Raymond, qui ne connaissait pas l’existence de toutes ces perles et qui les a découvertes avec admiration et émotion.

Je ne pleure pas parce qu’il me manque. Mon deuil est fait. Dédé, je suis encore proche de lui. Il va toujours rester dans mon cœur. Mais tout ce qui va arriver autour de lui me réjouit et m’émeut.

Lise Raymond

Il n’y aura donc aucune musique au cours de ces trois soirées, même pas une guitare qui traînerait dans un coin. « L’idée était de faire autre chose qu’un show hommage aux Colocs. Je pense qu’il aurait aimé ce genre d’événement », dit Lise Raymond, qui préfère rendre hommage à la grande sensibilité de Dédé, ainsi qu’à son héritage.

« C’est pour ça que ça s’appelle Dédé la suite, explique Alain Chartrand. La suite, c’est l’endroit, mais aussi la suite du monde, l’impact qu’il a eu sur la vie des gens. » Pour le directeur général de Coup de cœur francophone, être le diffuseur de ce genre de soirée autour de Dédé allait de soi.

« Ça cadrait bien. Et c’est sûr que le fait que ce soit diffusé à la radio nous allume. Il y a d’autres projets aussi à venir autour de Dédé, avec d’autres artistes. »

Dédé la suite/Conversations en novembre, à l’Hôtel10, les 12, 13 et 14 novembre.

Consultez la page de l’événement : http://coupdecoeur.ca/programmation/montreal/dede-la-suite-131119/

Coup de cœur francophone, du 7 au 17 novembre.