(Paris) La semaine qui vient est la plus attendue et la plus redoutée des éditeurs. À partir de lundi et jusqu’à vendredi, les jurys des prix Goncourt, Renaudot, Femina et Médicis choisiront les lauréats des grands prix littéraires d’automne.

Alain JEAN-ROBERT
Agence France-Presse

L’heure de la consécration va-t-elle sonner pour la romancière belge Amélie Nothomb, présente (et seule femme) dans le dernier carré de la sélection du Goncourt, le plus prestigieux des prix littéraires du monde francophone ?

La réponse sera donnée lundi autour de 13 h au restaurant Drouant à Paris quand Didier Decoin, secrétaire général de l’académie Goncourt, donnera le nom de l’auteur qui recevra, 100 ans après Marcel Proust, le fameux prix.

Dans la foulée, toujours au Drouant qui vient d’être rénové, le président du jury Renaudot, Christian Giudicelli, annoncera son lauréat.

Nothomb ou Dubois ?

Quatre auteurs sont en lice pour succéder à Nicolas Mathieu. Les finalistes du Goncourt sont Jean-Luc Coatalem, 60 ans, pour La part du fils (Stock), Jean-Paul Dubois, 69 ans, pour Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon (L’Olivier), Amélie Nothomb, 53 ans, pour Soif (Albin Michel) et Olivier Rolin, 72 ans, pour Extérieur monde (Gallimard).

Comme chaque année, le magazine professionnel Livres Hebdo a interrogé 16 journalistes littéraires, dont celui de l’AFP, pour recueillir leurs pronostics.

Les journalistes sont partagés. Ils sont aussi nombreux à prévoir l’attribution du prix à Amélie Nothomb qu’à Jean-Paul Dubois. Une seule journaliste a avancé le nom de Jean-Luc Coatalem, également finaliste du Renaudot.

À la question, qui mériterait le Goncourt ? les journalistes mettent clairement en avant Jean-Paul Dubois devant Olivier Rolin.

Si Amélie Nothomb décrochait le Goncourt, ce serait un événement. Depuis une trentaine d’années, la romancière belge est une locomotive de l’édition. Chacun de ses livres est un best-seller. Soif où la romancière se met dans la peau de Jésus juste avant sa crucifixion s’est déjà écoulé à 146 000 exemplaires.

Les surprises du Renaudot

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Victoria Mas

Cinq auteurs, dont la jeune primo-romancière Victoria Mas (Le bal des folles, Albin Michel), sont en lice pour le Renaudot. On trouve aussi l’écrivain franco-djiboutien Abdourahman Ali Waberi (Pourquoi tu danses quand tu marches ?, JC Lattès).

Outre Jean-Luc Coatalem, les autres finalistes sont Emma Becker (La maison, Flammarion) et Jean-Noël Orengo (Les jungles rouges, Grasset).

On restera prudent cependant en se souvenant que l’an dernier le jury du Renaudot où figurent notamment les iconoclastes Patrick Besson et Frédéric Beigbeder avait choisi Valérie Manteau pour Le sillon (Le Tripode), une romancière qui ne figurait pas dans la liste de ses finalistes.

Le Renaudot doit également décerner un prix dans la catégorie essai.

Le très chic Femina

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Michael Ferrier

Le jury exclusivement féminin du prix Femina se réunira mardi dans un salon du très chic Cercle de l’Union interallié, à deux pas de l’Élysée.

Six auteurs dont deux femmes sont en lice pour succéder à Philippe Lançon couronné l’an dernier pour Le lambeau (Gallimard).

Les finalistes du Femina sont Dominique Barbéris (Un dimanche à Ville d’Avray, Arléa), Michael Ferrier (Scrabble, Mercure de France), Luc Lang (La tentation, Stock), Sylvain Prudhomme (Par les routes, Gallimard), Alexis Ragougneau (Opus 77, Viviane Hamy) et Monica Sabolo (Eden, Gallimard).

Le Femina doit également décerner un prix pour un roman étranger et pour un essai.

Qualités littéraires

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Brigitte Giraud

Le Médicis fera connaître son choix vendredi au restaurant La Méditerranée, place de l’Odéon.

Huit auteurs sont en lice pour ce prix réputé pour couronner des œuvres aux qualités littéraires affirmées. Le jury avait ainsi récompensé l’an dernier le subversif Pierre Guyotat pour Idiotie (Grasset).

Les finalistes sont Santiago H. Amigorena (Le ghetto intérieur, P. O. L), Brigitte Giraud (Jour de courage, Flammarion), Claudie Hunzinger (Les grands cerfs, Grasset), le jeune primo-romancier Victor Jestin (La chaleur, Flammarion), le finaliste du Femina Luc Lang, le primo-romancier Guillaume Lavenant (Protocole gouvernante, Rivages), Vincent Message (Cora dans la spirale, Seuil) et Christine Montalbetti (Mon ancêtre Poisson, P. O. L).

Le Médicis remettra également un prix pour un roman étranger et un prix pour un essai.