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Fontarabie: bande originale déroulée devant public

Sauf une inédite jouée à sept au rappel,... (Photo: Olivier Jean, archives La Presse)

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Sauf une inédite jouée à sept au rappel, Julien Mineau et ses collègues ont joué dans l'ordre les pièces de l'album.

Photo: Olivier Jean, archives La Presse

Fontarabie, le trip post-Malajube de Julien Mineau (ou pause Malajube, allez savoir), a pris forme dimanche sur la scène du Théâtre Maisonneuve. Quelle forme au juste? Exploration. Odyssée. Aventure. Escalade. Ascension. Fantaisie. Fantasmagorie. Onirisme. Bande originale pour orchestre de chambre indie, déroulée devant public.

Le défi était considérable: jouer la matière intégrale d'un album ambitieux, d'abord conçue en studio pour six chanteurs et multi-instrumentistes, ensuite convertie sur scène pour quinze musiciens - Thomas Augustin (claviers), Ryan Battistuzzi (guitare), Frédéric Lambert (alto), Francis Mineau (basse plutôt que batterie), Virginie Parr (chant), Benoit Rocheleau (cuivres), Patrick Sawyer (batterie), Guillaume Bourque (clarinette), Julie Fontaine (flûte), Renaud Gratton (trombone) et autres violons, violoncelle, cuivres, bois ou percussions.

Sauf une inédite jouée à sept au rappel, Julien Mineau et ses collègues ont joué dans l'ordre les pièces de l'album. L'exécution fut solide et rigoureuse, sans qu'on puisse conclure à quelque transcendance. Un peu normal; la première d'une telle entreprise peut rarement dépasser ce qu'on a vu et entendu dimanche.

Alors? Morula a dressé la table.

Union libre avec la peur a dévoilé l'organe vocal du maître d'oeuvre.

Blastula a fait en sorte que l'auditoire ressente clairement la puissance orchestrale de la proposition. Idem pour DSM-5, dont l'interprétation fut encore plus musclée que la précédente.

La ballade Gemma Galgal nous a causé d'apparitions comme prévu.

31.3.31 a évoqué davantage la facture malajubienne de Mineau, avec ses intros aquatiques, ses ponts et chorus de feu.

Fontarabie ne fut pas sans rappeler les fresques sonores américaines conçues pour séries télé de bonne qualité. Impression similaire pour R.I.P.V.I.P.

Autre ressemblance malajubienne dans Larve humaine, s'ensuivit «la plus glorieuse» selon les dires de son concepteur - effectivement, le narrateur de Forcer à quitter y «portait la fin du monde sur ses épaules», c'est dire la charge!

L'instrumentale Maniaque était une évocation typique du cinéma fantastique, d'horreur ou du thriller psychologique.

Assortie d'un beat lourdement binaire et de guitares américanas, la ballade Gastrula a culminé dans une éruption de cordes, cuivres, bois et anches.

Le tout coiffé de Cosmogonie et Serpentine, entrecoupé d'une présentation maladroite du personnel sur scène, gracieuseté du patron.

Tout au long de ce concert, des noms de compositeurs viendront en tête; Bernard Hermann, Angelo Badalamenti, Danny Elfman... Un fragment de celui-ci, un autre de celui-là, particules mijotées à feu doux dans la marmite de Julien Mineau.

Assurément, les fans présents de Malajube, de son artiste central et de l'indie québécois de qualité ont eu le sentiment d'avoir suffisamment de carburant pour s'élever. Grand bien leur fasse. Quant aux amateurs un peu plus gourmands côté musique orchestrale, ils ont pu conclure que le résultat d'ensemble s'était avéré supérieur à ce qu'ils avaient absorbé à l'écoute de l'album Fontarabie. Et que son créateur devait remercier les arrangeurs Alexis Raynault et Hugo Mayrand, qui ont su tirer parti de son instinct compositionnel (de bons flashs, tout de même) et de ses connaissances limitées pour une telle entreprise. Ainsi, ils sont venus près d'oublier la notion d'exercice de style qui leur trottait dans la tête...




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