Après avoir fait paraître de manière indépendante son premier EP, l’auteure-compositrice-interprète et productrice Sophia Bel publie sa suite, Princess of the Dead Vol. II, sous l’étiquette Bonsound. La Presse a parlé à la musicienne.

Marissa Groguhé Marissa Groguhé
La Presse

Ses débuts

« Je ne viens pas d’une famille musicale. Mais j’ai toujours voulu faire ça, depuis toute petite. Ma première obsession pour la musique vient d’une cassette du Titanic. J’avais 4 ans et j’écoutais ça en boucle. Ensuite, ç’a été le deuxième album de Britney Spears. Je me souviens que c’est à cet âge-là que le rêve de chanter a commencé. J’avais environ 18 ans quand j’ai commencé à gratouiller la guitare que mon frère a laissé traîner dans le garde-robe parce qu’il n’avait pas pogné la twist ! Je suis venue à Montréal pour faire de la musique, faire des connexions, il y a huit ans environ. Dans mon cœur, la musique a toujours été mon plan A, mais j’essayais de trouver des plans B pour avoir de la sécurité dans la vie. Je travaillais dans un café et je me disais que je ne voulais pas rester là toute ma vie et ne connaître personne qui faisait de la musique, alors que j’étais venue à Montréal pour ça. J’ai fini par faire un DEC en chant jazz quand je suis arrivée à Montréal [de Québec]. »

Ses influences

« Avril Lavigne a eu un gros impact sur moi quand j’étais jeune. Fall Out Boy et Blink-182 aussi, toute cette époque-là. C’est de là qu’est parti mon intérêt pour les trucs plus emo. J’ai toujours été attirée par les choses dark. Mais je ne suis pas du genre gothique, je suis très colorée. J’aime avoir un edge qui reste ludique. »

> Écoutez la chanson No More

La signification du titre de ses mini-albums

« Princess of the Dead, ça vient de deux gars qui m’ont écœurée au secondaire. Ils m’ont harcelée et ils m’ont appelée Princess of the Dead. Ils me faisaient des fist pump quand j’entrais dans une pièce. […] Quand je le faisais de façon pas très enthousiaste, je me retournais et ils m’imitaient, en faisant comme si j’étais morte. C’est de là que ça vient. Le Volume I, quand je l’ai écrit, j’étais un peu dans un retour dans le passé. J’avais commencé une thérapie et ça m’a fait rouvrir plein de blessures du passé. Beaucoup de traumatismes du secondaire sont ressortis. Je trouvais ça intéressant d’appeler [les projets] Princess of the Dead, parce que c’est un peu un symbole de cette époque-là de ma vie qui ressortait. »

La production de musique

« Quand j’ai fini mon DEC en musique et que j’ai eu l’espace dans ma vie pour appliquer mes connaissances un peu plus, je les ai naturellement mises dans la production. Être devant un ordi avec des logiciels, c’était naturel. Ça faisait quelques années que je travaillais avec des producteurs et je me disais que moi aussi je voulais le faire. J’ai commencé à faire des maquettes. La première personne à qui je les ai montrées, c’est [le producteur] CRi. Il m’a fait sentir que mes maquettes avaient de quoi de nice et que les prods que j’avais faites avec d’autres producteurs étaient moins moi. J’ai senti que quelqu’un avait confiance en moi et ça m’a donné le boost de me dire que je peux produire. Sur ma maquette, il n’y avait peut-être pas l’expertise technique, mais il y avait ma vision de façon plus claire. Dans le Volume II, que CRi a réalisé avec moi, on a fait plusieurs productions ensemble et il y en a quelques-unes que j’ai produites moi-même. »

La suite…

« J’ai encore du travail par rapport à la sortie du EP. Mais je commence à composer pour un album et j’ai déjà plein de matériel. J’ai le goût d’y aller avec une carte blanche. Ce qui m’inspire en ce moment, c’est de gratter ma guitare. Ça me rend nostalgique, ça me ramène à mes influences de l’adolescence. Je suis vraiment une personne nostalgique au fond, c’est toujours ça, mon inspiration ! J’ai déjà plein d’idées et j’ai le goût de retourner à la source. »