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Combo indigeste pour les métaux

Jean-René Ouellet est gestionnaire de portefeuille chez Valeurs... (PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE)

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Jean-René Ouellet est gestionnaire de portefeuille chez Valeurs mobilières Desjardins.

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François Riverin

Collaboration spéciale

La Presse

Compte tenu de la surproduction et de la baisse de la demande, Jean-René Ouellet, gestionnaire de portefeuille chez Valeurs mobilières Desjardins, n'entrevoit rien d'encourageant pour le marché des métaux en 2016.

Selon lui, la Chine, qui consomme de 35 à 45% des métaux mondiaux, aura une croissance économique de 6% en 2016, dont seulement le tiers proviendra de la construction d'infrastructures, loin des 75% d'il y a quelques années lorsque l'économie progressait de 12% par an.

Rembourser les dettes

Le boom du prix des métaux de 2004 à 2011 a amené des investissements massifs dans la construction de mines. Aujourd'hui, les prix sont tombés, et plusieurs exploitants doivent continuer à produire pour rembourser leurs dettes, même s'ils le font à perte. Les entreprises minières n'ont pas de contrôle sur les prix. Selon M. Ouellet, la plupart d'entre elles se concentrent sur la conservation des liquidités, la réduction du dividende et les investissements.

Chute des cours du nickel

Le nickel se vend près de 4,10$US la livre présentement, contre près de 14,00$US en novembre 2010. C'est le cas typique d'un secteur en surproduction. Sherritt International, par exemple, a construit une grande mine en Australie en respectant les coûts et les échéanciers. Toutefois, la mine commence à produire au moment où le prix du nickel chute: l'entreprise a suspendu son dividende et réduit son programme d'investissements. Les experts estiment que plus de 60% du nickel mondial est produit sous son coût d'extraction. Le Québec compte deux mines de nickel, soit Raglan, de Glencore, et Nunavik Nickel, de Canadian Royalties, une filiale Jien Canada Mining. Raglan bénéficie de la faiblesse du dollar canadien, de la baisse du prix du pétrole et de son intégration à Glencore pour survivre. Nunavik Nickel a dû recourir à un prêt d'urgence de 100 millions de Québec au printemps dernier.

Vers un rebond du cuivre?

Le cuivre se vend 2,14$US la livre, contre près de 4,50$ US en 2010. Le cuivre demeure le métal fort dans le marché, et les investisseurs suivent de près son évolution. Généralement, le prix du métal monte ou s'écrase avant les autres. Présentement, le cuivre ne se relève pas. Selon M. Ouellet, le marché est dû pour un rebond quelconque. Le prix des actions des grands producteurs est tombé, et plusieurs d'entre eux sont redevenus des sociétés à petite capitalisation. Comme le prix est allé trop haut en période haussière, une chute du prix du cuivre en dessous de 2$US la livre dans la période actuelle est possible. Le Québec n'a pas de mine de cuivre, mais en extrait en sous-produit principalement par ses mines de nickel et d'or.

Des créneaux pour l'aluminium

L'aluminium se vend 0,66$US la livre, contre un sommet de plus de 1,20$US la livre en 2011. Pour M. Ouellet, le cas de l'aluminium est un peu plus spécial. Certaines usines québécoises ont ciblé des niches pour vendre leur aluminium, notamment les producteurs d'automobiles, et c'est là la voie de l'avenir. Selon lui, ce n'est plus vrai que les producteurs québécois peuvent dominer en matière de volume et de coût de revient. La nouvelle usine d'aluminium en Arabie saoudite est capable de produire en dessous de 0,60$US la livre.

Le zinc n'a pas résisté

Le zinc se vend 0,69$US la livre, contre un sommet de plus de 1,17$US la livre en 2011. Le zinc n'a pu résister au recul des autres métaux, même si les spécialistes étaient unanimes sur l'équilibre de l'offre et la demande, entrevoyant même un déficit important de l'offre dans les prochaines années. Plusieurs fonds spéculatifs ont acheté massivement des stocks de zinc le printemps dernier, faisant grimper le prix jusqu'à 1,05$US la livre. Devant l'anémie de l'économie chinoise, et la possibilité que Glencore soit contrainte de liquider ses stocks, les fonds ont revendu leur zinc. Glencore a plutôt arrêté l'exploitation d'une importante mine au Pérou, soutenant que la rareté probable de zinc dans les prochaines années l'incitait à préserver ses ressources. Le Québec compte deux mines de zinc, celles de Matagami, de Glencore, et Langlois, de Nystar. La mine Laronde est aussi un important producteur québécois de zinc, mais le métal est un sous-produit de l'extraction de l'or.




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