Les entrepreneurs autochtones à l'oeuvre

L'entrepreneur cri Anthony MacLeod possède avec sa soeur... (PHOTO FOURNIE PAR ANTHONY MACLEOD)

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L'entrepreneur cri Anthony MacLeod possède avec sa soeur Elaine deux franchises Tim Hortons dans le Nord-du-Québec.

PHOTO FOURNIE PAR ANTHONY MACLEOD

Samuel Larochelle

Collaboration spéciale

La Presse

En 2013, Elaine et Anthony Macleod ont ouvert la première franchise Tim Hortons dans une communauté crie du Québec, à Mistassini. Forts de leur succès, ils ont lancé l'année dernière une franchise à Chibougamau. Le point sur les défis des gens affaires du Nord-du-Québec avec ces deux entrepreneurs et d'autres acteurs du milieu.

Elaine Macleod croit que la fibre entrepreneuriale est en train de se répandre. « C'est de plus en plus naturel pour les autochtones de se lancer en affaires, affirme l'entrepreneure crie. Ils voient que c'est bon pour l'économie et la communauté. Anthony et moi avons créé 40 emplois dans les deux villes où nous sommes. Ce n'est pas toujours facile, mais c'est vraiment enrichissant. »

Cependant, les autochtones sont encore confrontés à un problème d'accès au marché, selon Andy Baribeau, directeur du département de commerce et industrie du gouvernement de la nation crie.

« On est encore dans une ère où il faut forcer les ententes entre les compagnies et le gouvernement pour garantir des opportunités aux entreprises autochtones.» - Andy Baribeau

« Si on se fiait seulement à leur bon vouloir, on aurait très peu d'options. Les entreprises de l'extérieur de la région, qui ont plusieurs contrats de construction de mines et d'édifices industriels, arrivent souvent avec des préjugés contre les entreprises et les employés autochtones. »

De leur côté, les franchisés Tim Hortons n'ont pas rencontré de problème d'intégration dans la communauté majoritairement blanche de Chibougamau. « On avait quelques craintes au départ, mais on n'a jamais eu de problème, répond Mme Macleod. La ville est entourée de communautés cries, et les gens étaient très heureux de voir notre restaurant s'implanter. Personne ne nous a dit qu'on ne devrait pas être là. Anthony s'occupe de cette franchise et il est très bon avec les gens. »

Qui dit autochtones et Nord-du-Québec dit également communautés inuites. À plus petite échelle, les 14 municipalités connaissent elles aussi un essor entrepreneurial. « Nous recevons toujours des appels d'individus qui veulent se lancer en affaires, affirme Adel Yassa, directeur du service de développement de l'Administration régionale Kativik. Il y a un an, notre bureau a créé une session de travail préparatoire d'une semaine pour apprendre aux néophytes la base des affaires, le langage commercial et la tenue de livres. Avant, on les aidait à développer un plan d'affaires, mais on a réalisé qu'il fallait les former plus en amont. »

DES OBSTACLES SUPPLÉMENTAIRES

Les futurs entrepreneurs doivent prendre conscience des obstacles supplémentaires qu'ils devront surmonter : marché local petit, taxes municipales extrêmement élevées, absence de routes. « Tout ce qui arrive dans les villages entre par bateau ou par avion, donc tout est plus cher, précise M. Yassa. En plus, les entrepreneurs n'ont pratiquement pas d'options pour louer un local, qu'ils pourront quitter en cas d'échec. Ils doivent donc construire une bâtisse. Ici, faire des affaires coûte environ 50 % plus cher que dans le sud de la région. »

Une problématique que les intervenants locaux tentent de régler, un pas à la fois. « Nous formons des partenariats entre les municipalités pour changer l'économie locale et partager le savoir-faire, explique Adel Yassa. Par exemple, nous avons mis sur pied des serres commerciales pour remplacer certains produits transportés par avion. Nous avons aussi un projet-pilote de production d'oeufs à Kuujjuaq. Maintenant, il faut passer des recherches au projet commercial. »

Même volonté d'autodétermination dans la nation crie de Wemindji, où plusieurs femmes ont lancé un service de buanderie répondant aux besoins de la communauté et de la mine Éléonore, propriété de Goldcorp.

Évidemment, l'entrepreneuriat autochtone du Nord-du-Québec ne se limite pas au commerce local. Plusieurs entreprises dans le secteur des transports, des mines et de la construction tirent leur épingle du jeu avec des projets d'envergure. On n'a qu'à penser à Air Inuit, Air Creebec, Mamu Construction, Cree Construction, NEAS Group, First Air, Nunavik Creations, Nunavik Rotors et Avataa Exploration.




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