À l’adolescence, Érick Auger savait déjà qu’il voulait gagner sa vie en fabriquant des vélos. Faire des études en génie allait donc de soi, dit-il. Aujourd’hui, cet ingénieur mécanique de 52 ans est à la tête de Faction Bike Studio, une PME spécialisée dans le design, la conception et l’ingénierie d’engins sur deux roues. En pleine croissance, l’entreprise de Granby compte des clients en Amérique du Nord, en Asie et en Europe.

Publié le 25 janvier
Stéphane Champagne
Stéphane Champagne Collaboration spéciale

Sur 21 employés, Faction Bike Studio compte 10 ingénieurs et 4 designers industriels.

Ne cherchant pas à être sous les projecteurs, tout ce beau monde pédale dans la même direction avec un seul et unique but : faire rayonner ses clients avec des produits novateurs.

La grande spécialité de l’entreprise : les cadres. Sa principale force : se consacrer exclusivement au secteur des vélos. « Il y a une dizaine d’entreprises comme la nôtre dans le monde et je crois que nous sommes la plus importante », soutient Érick Auger.

L’équipe de la PME intervient à toutes les étapes précédant la production de vélos en usine.

Séance d’idéation, esquisse, simulation virtuelle, spécification technique et définition des cahiers des charges font, entre autres choses, partie des services offerts.

Depuis sa création en 2010, Faction Bike Studio a collaboré avec 80 marques de vélo, dont plusieurs sont connues mondialement. La PME est derrière 300 projets, dont près de 90 % pour des cadres de vélos, tous types confondus : vélos de route, de montagne, fat bikes, vélos libre-service, etc.

Bénéfique pandémie

Contre toute attente, la pandémie a eu des effets bénéfiques pour l’entreprise. Tout d’abord, la demande pour les vélos a littéralement explosé depuis mars 2020, surtout pour les vélos électriques. Le carnet de commandes de la PME a pour ainsi dire explosé. Ensuite, les perturbations dans les chaînes d’approvisionnement sont venues changer les règles… en mieux.

PHOTO FOURNIE PAR FACTION BIKE STUDIO

Le pire ennemi de l’innovation, ce sont les échéanciers trop serrés. Avant, on travaillait sur des échéances de 12 à 18 mois. Désormais, on parle de 36 mois. En 2021, on a doublé nos effectifs afin de pouvoir mieux planifier ces projets. Malgré tout, on refuse des contrats.

Érick Auger, président et cofondateur de Faction Bike Studio

Étudier en génie était une évidence pour Érick Auger. « Comme je savais que je voulais fabriquer des vélos, j’ai façonné mon parcours scolaire en conséquence, dit-il. Dans notre équipe, les gens ont choisi le génie comme un tremplin vers ce qui les passionne. Tous nos ingénieurs ont un côté artiste. Ce sont des passionnés. »

Au moment de terminer ses études, l’ancien coureur de vélo de montagne s’est fait embaucher chez le fabricant québécois de vélos Devinci, où il a passé 13 ans, de 1994 à 2007. Il a par la suite bossé dans une entreprise de design avant de cofonder, à Saguenay, Faction Bike Studio avec Martin Portelance, ancien de BRP.

Quelques mois plus tard, la jeune PME signait déjà des contrats avec des clients d’Espagne et d’Afrique du Sud. « Depuis, on n’a jamais manqué de travail », affirme l’homme d’affaires. Un second bureau ouvert à Granby est devenu, à l’été 2020, le siège social de l’entreprise.

Faction Bike Studio va continuer à croître, mais pas à n’importe quel prix. Il lui reste d’ailleurs quelques postes à pourvoir. Elle veut demeurer à taille humaine, dit son patron. « À 25 employés, je crois que ce serait suffisant. On ne cherche pas nécessairement de nouveaux clients. On préfère bien servir nos clients existants plutôt que de nous étendre et faire du cherry picking », affirme Érick Auger.