Travaillant dans le domaine bancaire depuis 28 ans, Lucie Blanchet, première vice-présidente à la direction, particuliers et marketing, à la Banque Nationale, dirige des milliers d’employés et prend en compte les besoins des 2,5 millions de clients de l’institution. La dernière année a d’ailleurs été particulièrement riche dans ce domaine en raison de la COVID-19.

Julie Roy Collaboration spéciale

« La pandémie a bouleversé les habitudes. L’utilisation du téléphone mobile a dépassé la plateforme internet. Les comportements ont changé, mais plus que jamais, les clients ont besoin de conseils personnalisés. On constate un manque sur le plan de la littératie financière », soutient la dirigeante. Investissements, vol d’identité, Prestation canadienne d’urgence (PCU), dossier de crédit, blocage et déblocage d’une carte de crédit, tarification, etc. : autant d’enjeux auxquels doit maintenant répondre, souvent à distance, le personnel.

« Aujourd’hui, 40 % de nos rencontres se font par la vidéo. Il y a autant un enjeu technologique qu’humain, car il faut transformer les compétences de nos employés. J’ai encore énormément de défis », estime Lucie Blanchet.

À la recherche de connaissances

Cette recherche de défis l’a d’ailleurs guidée tout au long de sa carrière. Depuis son entrée à la Banque Nationale en 2002, elle a occupé une panoplie de postes avec toujours le même objectif, celui d’apprendre.

« J’ai choisi parfois des postes inférieurs à celui que j’occupais uniquement pour la valeur de la connaissance. Je me suis développée à l’horizontal et j’ai toujours choisi mon chemin en fonction de mes intérêts. Il faut au moins deux ans avant d’avoir fait le tour d’un poste et bien comprendre toutes ses subtilités. Aujourd’hui, je me considère comme une généraliste. Si je ne sais pas de quoi je parle, je vais creuser. Pour moi, le professionnalisme passe par un souci de qualité et de crédibilité. »

Finance, bienvenue à tous

C’est le hasard qui a mené Lucie Blanchet sur le chemin de la finance. Elle avait d’abord choisi un programme en tourisme, mais elle a découvert sa voie en suivant un cours de comptabilité de base à l’université.

« J’ai tellement adoré ça que j’ai changé de domaine pour comptable agréé. Au cours de mon cheminement, plusieurs professeurs ont défait l’image que je pouvais avoir d’une comptable. J’ai bien vu que cela n’avait rien d’ennuyant », se souvient-elle.

Stage après stage, elle expérimente plusieurs secteurs, mais c’est au Crédit Lyonnais qu’elle découvre le domaine qui la comble.

Choisir une industrie est aussi important que choisir un métier. Pour moi, ce sont les banques parce que j’aime la complexité des produits et de la réglementation.

Lucie Blanchet, première vice-présidente à la direction, particuliers et marketing, à la Banque Nationale

Si elle n’a jamais eu le sentiment de devoir briser un plafond de verre pour faire sa place, elle reconnaît qu’au début de sa carrière, le secteur de la finance était majoritairement masculin. Mais depuis, le domaine a évolué. « Nos collègues ont cheminé. La mentalité est différente et la diversité de points de vue est la bienvenue parce qu’elle apporte différentes perspectives », estime-t-elle.

Évidemment, la conciliation travail-famille est toujours un frein pour les femmes en finance et la parité n’est pas encore atteinte. La COVID-19 a toutefois apporté son lot de points positifs. « Le défi de l’équilibre famille-travail demeure, mais le contexte de télétravail rend la situation plus facile parce qu’il élimine le temps de transport et donne de la flexibilité », estime Lucie Blanchet.

L’après-pandémie

La dirigeante sait que la reprise économique de l’après-COVID-19 ne sera pas égale pour tous les entrepreneurs. Un point les concerne toutefois pratiquement tous, soit le manque de main-d’œuvre. Un enjeu qui touche aussi le domaine bancaire.

« Nous sommes 24 000 personnes à la banque et la rétention est un défi. Le ralentissement de l’immigration a un impact direct chez nous. Nous utilisons différentes stratégies pour attirer les gens, comme payer le baccalauréat. Le domaine de la finance, c’est mille métiers, un regard sur l’économie, la société, le monde, c’est un monde fascinant », affirme Lucie Blanchet.