Anne Gadbois et Maxime Alain-Lachance ont étudié le génie mécanique avec passion à l’Université de Sherbrooke. Jamais ils n’ont douté de leur choix de carrière. Pourtant, quand la pandémie a frappé, les finissants, qui forment un couple dans la vie, ont décidé de se réorienter en agriculture.

Samuel Larochelle Samuel Larochelle
Collaboration spéciale

Anne se décrit comme une curieuse et une questionneuse qui aime comprendre comment les choses fonctionnent. « Ce qui me passionnait le plus en génie mécanique, c’était de voir les gros projets se réaliser et le volet gestion, explique la jeune femme de 24 ans. J’ai adoré mes stages chez Novabus, qui conçoit des autobus électriques. Avant la pandémie, j’avais été sélectionnée pour mon dernier stage chez BRP et je prévoyais travailler dans l’électrification des véhicules. »

Cependant, quand le Québec a été plongé en confinement, son stage a été annulé. Quelques mois plus tard, un stage à la Chaire des femmes en sciences et en génie lui a fait prendre conscience du rôle des ingénieurs en société : résoudre des problèmes complexes.

Puis, en constatant l’intérêt grandissant de la population pour l’achat local et le soutien du gouvernement pour l’autosuffisance alimentaire, la bachelière s’est mise à réfléchir. « Je me suis dit que je pourrais utiliser mon expertise en agriculture, spécialement dans les serres. Mes connaissances en mécanique des bâtiments peuvent me servir. »

Projet en solo ou en duo ?

Espérant d’abord que son copain la soutienne dans son nouveau plan, l’ingénieure a vite compris qu’il voulait se joindre à elle. « On a souvent fait des projets ensemble à l’université, dit Maxime. On se complète bien. On a une bonne chimie. »

Encore fallait-il qu’il désire changer de carrière, lui qui avait obtenu une technique et un bac en génie mécanique. « Quand j’étais jeune, je disais que je voulais être inventeur et j’ai réalisé avec le temps que c’était un peu le métier d’ingénieur, précise le finissant de 26 ans. Durant mes études en génie, je n’ai jamais douté de mon choix de carrière. Je n’ai jamais perdu la flamme. »

Il prévoyait même de continuer à la maîtrise, jusqu’à ce que la pandémie bouleverse tout. « Je me suis demandé ce que je pourrais faire pour répondre à l’appel du gouvernement en ce qui concerne l’autosuffisance alimentaire. »

En discutant avec Anne [sa conjointe, aussi ingénieure], on a décidé d’aller à la source du problème et de s’impliquer en agriculture. On aimerait automatiser les méthodes de culture avec nos connaissances en génie.

Maxime Alain-Lachance

Le futur entrepreneur s’exprime au conditionnel, car sa copine et lui sont encore au début de leurs démarches. « On suit un cours de culture en serre à l’Université Laval en tant qu’auditeurs libres, dit Maxime. Même si on connaît la mécanique, on n’est pas spécialistes en agriculture. »

Ils ne voudraient surtout pas inventer quelque chose d’inutile ou se lancer en affaires sans savoir ce qu’ils font. « En ce moment, on regarde ce qui se fait et ce qui ne se fait pas, pourquoi dans telle région et pas ailleurs, affirme Anne. Nos cours nous aident à identifier les opportunités. »

Ainsi, ils n’ont pas encore choisi leur type de culture. « On avance pendant que le chemin se dessine, sans savoir combien de temps ça va nous prendre, dit-elle. On y va un pas à la fois. »