Le volet aérospatial de l’incubateur Centech accueille cet automne sa deuxième cohorte d’entreprises en décollage.

Marc Tison Marc Tison
La Presse

« On était sur la mauvaise piste. »

Ramee Mossa est président de TriStar, une toute jeune entreprise qui conçoit actuellement un drone à grande autonomie.

« On avait une technologie très prometteuse, mais on ne savait pas comment l’appliquer, comment la vendre », poursuit-il.

En mai dernier, il a été admis au programme d’accélération de l’incubateur Centech, à Montréal, et il poursuit cet automne son cheminement dans sa cohorte aérospatiale.

« On s’est inscrits parce qu’on pensait avoir un peu d’aide, avoir un bureau, avoir accès aux subventions, poursuit-il. Mais après deux semaines, on a réalisé qu’on ne savait rien sur la manière de mener une entreprise. Il a fallu oublier tout ce qu’on savait et reprendre à partir de zéro. »

Sur la bonne piste

Le 24 octobre dernier, Ramee Mossa et les dirigeants de neuf autres entreprises étaient réunis dans une salle de formation du Centech pour suivre l’atelier donné par Denis Faubert, président du Consortium de recherche et d’innovation en aérospatiale au Québec (CRIAQ).

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Ramee Mossa est président de Tristar, une entreprise en démarrage qui fait partie de la deuxième cohorte aérospatiale du Centech.

Ces entrepreneurs sont membres de la deuxième cohorte du programme d’accélération Centech-Starburst, destiné à soutenir les premiers pas de jeunes entreprises en technologie aérospatiale.

Créé en 1996 par l’École de technologie supérieure (ETS), le Centech se voue à la propulsion d’entreprises technologiques en démarrage. Dans le programme d’accélération, elles sont réunies en cohortes qui suivent un programme concentré d’une durée de 12 semaines, à raison de deux ou trois ateliers par semaine.

En septembre 2018, le Centech a mis sur pied deux nouveaux programmes spécialisés en technologies médicales (MedTech) et aérospatiales (Aerospace), qui ajoutent de huit à dix ateliers spécifiques au programme d’accélération ordinaire.

La première cohorte en aérospatiale, formée en septembre 2018, avait réuni six entreprises. La seconde, qui a entrepris son programme le 10 septembre dernier, en compte 10.

L’objectif n’est pas de les soutenir dans le développement technique, mais dans l’approche de leur marché.

Pendant 12 semaines, Ramee Mossa et ses collègues seront guidés dans un programme qui leur permettra de valider et de mesurer le potentiel commercial de leur projet, de consolider leur modèle d’affaires et de comprendre comment accéder à leur clientèle.

« Par exemple, cette année, on fait venir des gens de Thales, de Bombardier, de Boeing, décrit Julian Lucchesi, responsable des partenariats stratégiques au Centech. Les ateliers portent sur différentes thématiques : comment on vend à une compagnie globale comme Thales. Ou comment on intègre la chaîne d’approvisionnement de Bombardier. L’objectif de la cohorte est de faciliter ces mises en relation, ces contacts avec ces grands acteurs, dans le but par la suite de vendre des produits. »

Les entrepreneurs inscrits sont accompagnés par un « entrepreneur en résidence », expérimenté dans le domaine.

« On va les aider à aller à un autre niveau, avec certains ateliers, des rencontres avec des dirigeants d'entreprises ou des responsables comme des vice-présidents des achats », décrit Salim Saati, entrepreneur en résidence pour la cohorte aérospatiale.

Ancien de Bombardier Aéronautique et maintenant consultant, il est en quelque sorte le mentor de ces jeunes entrepreneurs qui déploient encore leurs ailes.

Les gens dans la cohorte aérospatiale ont de bonnes idées, le projet est bien en marche, mais ce qui leur manque, c’est le petit punch pour aller de l’avant, pour entrer dans l’industrie.

Salim Saati

Un décollage

En mai dernier, au moment de son admission au Centech, l’entreprise de Ramee Mossa comptait deux employés permanents et deux autres à temps partiel. Depuis, ses effectifs ont triplé. « Nous sommes partis d’une entreprise qui ressemblait davantage à un passe-temps pour devenir une véritable entreprise, avec des investisseurs, des clients, un bureau, des employés, se réjouit l’entrepreneur. C’est une transformation complète. »

Il assemble actuellement son quatrième prototype et il cherche les fournisseurs québécois qui lui permettront d’assembler son drone dans la région métropolitaine.

« On entreprend nos premiers projets pilotes avec une entreprise de Montréal et on va lancer notre premier produit commercial l’été prochain ! »

L’envol est pour bientôt.