Les sucreries de l’entreprise sherbrookoise Chocolat Lamontagne se vendent désormais en France et au Mexique et pourraient bientôt voyager jusqu’en Asie.

Etienne Plamondon Emond
Collaboration spéciale

La renégociation de l’accord de libre-échange nord-américain imposée par Donald Trump avait tout pour inquiéter Chocolat Lamontagne : plus de 30 % de son chiffre d’affaires de 40 millions était lié à ses ventes aux États-Unis. 

Elle n’était sûrement pas la seule entreprise de son secteur à se montrer craintive. Selon le plus récent Profil sectoriel de l’industrie bioalimentaire, les exportations québécoises de produits du cacao et du chocolat représentaient plus de 1 milliard en 2017, et 99 % d’entre elles prenaient la direction des États-Unis.

13,1 %

Proportion que représentent les produits du cacao et du chocolat dans l’ensemble des exportations internationales de produits bioalimentaires du Québec.

Source : Profil sectoriel de l’industrie bioalimentaire 2018

Pour éviter de se retrouver en mauvaise posture si le nouvel accord de libre-échange ne tournait pas en sa faveur, Chocolat Lamontagne, qui compte 185 employés, a regardé vers d’autres horizons. Elle a embauché une firme pour étudier des marchés ailleurs sur la planète et s’est déplacée dans plusieurs salons internationaux de l’alimentation.

« Avant, on avait travaillé en innovation pour développer des saveurs et des produits uniques. C’est ce qui nous a ouvert des portes », souligne Martin Cournoyer, directeur général de l’entreprise.

À l’étranger, l’attention se tourne vers leurs bouchées au chocolat à l’érable, en raison de leur goût exotique, mais aussi vers leurs friandises enrobées de chocolat, amandes et café latté, ainsi qu’amandes et noix de coco. 

Cette dernière sucrerie, couronnée en 2018 d’un Grand Prix canadien des produits nouveaux remis par le Conseil canadien du commerce de détail, est distribuée depuis quelques semaines au Mexique. Elle s’y trouve dans des commerces au détail avec son logo comme avec celui d’une marque privée d’un supermarché. « On n’aurait pas pu arriver avec simplement des amandes enrobées de chocolat au lait, parce que presque tous les pays et manufacturiers de chocolats en ont », souligne Martin Cournoyer.

En France et au Japon

Du côté de la France, les exportations vont bon train depuis l’hiver dernier. La PME a livré 300 caisses de l’autre côté de l’Atlantique, soit plus de 2700 kilogrammes de bouchées à l’érable à un distributeur spécialisé en restauration. L’entreprise a aussi signé une entente en août dernier avec un autre distributeur pour les supermarchés dans ce pays. Elle travaille avec certaines divisions de Costco à l’international, notamment pour les marchés français et japonais.

L’entreprise, qui fabrique depuis longtemps des chocolats pour des marques privées, souhaitait cette fois commercialiser au détail avec son nom et son logo illustrant des sommets montagneux. « C’est long, ardu, et ça prend des mois de négociations dans certains cas pour avoir l’acceptation des droits sur les marques », signale le directeur général, soulagé de les avoir finalement obtenus pour la France, le Mexique, la Chine et le Japon.

Défi logistique

Ces percées viennent avec un défi logistique. Lorsque l’entreprise exporte aux États-Unis, où elle continue de développer ses affaires, elle remplit facilement un camion avec ses produits. Or, ses nouveaux clients, ailleurs dans le monde, achètent généralement de petites quantités pour commencer. « Il faut travailler en consolidation avec d’autres compagnies, qui vont livrer des produits similaires dans les mêmes régions », soulève-t-il.

La demande est donc au rendez-vous, et Chocolat Lamontagne se prépare à produire plus. Dans la dernière année, elle a investi 1,5 million pour ajouter 20 000 pi2 à son usine de Sherbrooke. « L’agrandissement est en lien avec notre croissance en Amérique du Nord, mais aussi en prévision d’une croissance pour les marchés internationaux », indique Martin Cournoyer.