Les sociétés juniors d’exploration minière jouissent actuellement d’un contexte favorable. D’une part, le prix de l’or est en hausse ; d’autre part, les producteurs d’or cherchent activement de nouveaux gisements. Toutefois, trouver du financement n’est pas une sinécure. Le géologue Philippe Cloutier, PDG de Ressources Cartier, explique les nombreux défis liés à la recherche de l’or.

Stéphane Champagne Stéphane Champagne
Collaboration spéciale

À l’instar de plusieurs sociétés juniors à petite capitalisation, Ressources Cartier s’est tournée vers la Bourse de croissance TSX Venture de Toronto pour obtenir du financement. En 12 ans d’existence, la PME a levé près de 30 millions par l’entremise d’une vingtaine de rondes de financement.

Les façons de chercher du financement changent constamment. En 12 ans, les règles et les approches ont évolué. Elles sont aujourd’hui plus contraignantes. La démographie de l’investisseur a changé elle aussi.

Philippe Cloutier, PDG de Ressources Cartier

Double défi

Ces temps-ci, le défi est double, soutient l’entrepreneur. « Quand on est à la Bourse, on doit se conformer à de plus en plus de règles, dit-il. Il faut par exemple informer nos actionnaires en temps réel à la suite d’un bris mécanique, d’un report de travaux, etc. C’est très rigoureux. » 

Ensuite, ajoute-t-il, le secteur minier doit composer avec de nouveaux concurrents. Le cannabis et les cryptomonnaies, entre autres exemples, attirent les investisseurs plus jeunes.

L’effet de la hausse récente du prix de l’or semble néanmoins jouer en faveur des juniors. « Il y a un mois, notre action valait 0,12 $ ; elle vaut actuellement 0,20 $ », se targue l’homme d’affaires.

La croisée des chemins

« On est à la croisée des chemins », affirme Philippe Cloutier.

Les seniors sont en train d’épuiser leurs ressources et les juniors font de moins en moins de découvertes. Nous sommes donc dans un marché de fusions et d’acquisitions.

Philippe Cloutier, PDG de Ressources Cartier

La bonne santé financière de Ressources Cartier est due à la qualité de ses sites aurifères. « Notre principal projet – Chimo – est une ancienne mine qui a cessé ses activités à la fin des années 90 lorsque le scandale BreX a éclaté. À l’époque, l’once d’or ne valait que 300 $ US, comparativement à environ 1500 $US aujourd’hui. »

La PME de Val-d’Or n’est pas la seule à croire au potentiel de ses quelque 300 claims. Agnico Eagle possède 17 % des actions de Ressources Cartier, la Caisse de dépôt, 14 %, et JP Morgan Londres, environ 8 %.

« On a des gros actionnaires qui commanditent notre aventure d’exploration. Ça donne beaucoup de crédibilité à notre entreprise », se félicite Philippe Cloutier.

Pour l’heure, Ressources Cartier ne souhaite pas lancer une nouvelle ronde de financement, car elle possède près de 6 millions dans ses coffres. Cet argent servira surtout à faire avancer les travaux d’exploration à la mine Chimo, au sud-est de Val-d’Or, afin de prouver la viabilité du site.