On a appris cette semaine que le taux d’inflation au Canada en janvier, mesuré à 2,4 %, était encore en hausse par rapport à la mesure faite en fin d’année 2019.

Martin Vallières Martin Vallières
La Presse

Toutefois, le plus étonnant dans cette mesure mensuelle de Statistique Canada a été de constater que le taux d’inflation des prix des aliments en épicerie s’est encore accéléré en janvier jusqu’à 3,8 %, se situant ainsi à un point de pourcentage de plus que le taux d’inflation général.

Bref, ce n’est pas une impression, il en coûte vraiment de plus en plus cher pour s’alimenter de façon convenable et personnalisée.

Comment expliquer cette inflation alimentaire ?

L’analyste Peter Sklar, spécialiste du commerce de détail et de la consommation chez BMO Marchés des capitaux, s’est prêté à l’exercice dans une note distribuée cette semaine à ses clients.

Progression marquée 

La récente hausse des prix des aliments vendus en épicerie, mesurée à 3,8 % en janvier, était légèrement supérieure au taux d’inflation en épicerie de 3,2 % mesuré en décembre, néanmoins un peu inférieure au taux d’inflation moyen de 4 % signalé durant les 10 derniers mois.

En janvier, le rebond des taux d’inflation des prix dans les catégories des viandes, des fruits frais et des légumes frais a le plus contribué au taux d’inflation général en épicerie.

Bond des prix de la viande

Le taux d’inflation des prix des viandes a bondi à 6,3 % en janvier 2020, comparativement au taux de 4,8 % qui avait été mesuré en décembre 2019.

Entre autres, observe Peter Sklar, « les prix du porc ont continué de grimper de 3,3 % en janvier, mais à un rythme un peu moindre que les 4 % mesurés en décembre, qui étaient d’ailleurs le taux d’inflation des prix du porc le plus élevé de ces dernières années. »

L’inflation des prix des viandes, et du porc en particulier, pourrait se poursuivre avec les problèmes d’approvisionnement dans le marché mondial qui résultent de l’épidémie de peste porcine africaine et la levée des restrictions commerciales de la Chine depuis le début de novembre.

Peter Sklar, analyste spécialiste du commerce de détail et de la consommation chez BMO Marchés des capitaux

Fruits et légumes aussi en hausse

Les prix des fruits frais ont continué d’afficher un taux d’inflation élevé de 5,4 % en janvier, néanmoins en repli par rapport au taux d’inflation oscillant de 7 % à 10 % mesuré au cours des mois précédents, observe aussi l’analyste.

En contrepartie, le fort rebond du taux d’inflation des prix des légumes frais – de 1,5 % en décembre 2019 à 5 % en janvier 2020 – a le plus contribué à la remontée du taux d’inflation de tous les aliments vendus en épicerie en janvier.

À qui profite cette inflation alimentaire à court terme ?

L’analyste Peter Sklar y voit une conjoncture favorable aux prochains résultats des grands détaillants en alimentation. Et donc au potentiel de plus-value boursière des actionnaires de grands détaillants en alimentation.

« Dans l’ensemble, je continue de croire que cette inflation des prix d’aliments est positive pour les épiciers canadiens, avec un taux de 2 % à 3 % par an étant considéré comme optimal. Historiquement, durant ces périodes d’inflation, les épiciers ont généré une croissance saine de leur bénéfice d’exploitation », explique M. Sklar.

Toutefois, en se basant sur « les récents commentaires de dirigeants de grands épiciers sur l’intensification de la concurrence », Peter Sklar dit aussi s’attendre à « un ralentissement de l’inflation des prix d’aliments en épicerie au cours des prochains mois ».