Les femmes enceintes peuvent maintenant souscrire sans délai ni tracas une assurance vie en ligne, en quelques minutes, sans que leur grossesse exerce une quelconque influence sur la transaction.

Marc Tison Marc Tison
La Presse

C’est ce que promet le site transactionnel emma.ca, dont les bureaux sont au centre-ville de Montréal.

« On a travaillé avec l’assureur Humania pour développer un produit d’assurance qui tenait compte de la situation particulière des femmes enceintes », explique le président et cofondateur d’Emma, Félix Deschatelets.

Le jeune homme de 28 ans et son frère Jacomo, âgé de 26 ans, dont le père était courtier d’assurances, ont lancé leur plateforme d’assurance vie en ligne en août 2018.

Beaucoup de femmes enceintes venaient sur la plateforme. L’arrivée d’un enfant vient souvent réveiller les besoins de sécurité financière. C’était toujours des nouvelles délicates à annoncer : il y avait des refus, ou il était difficile de les assurer à cause de leur état. On voulait changer cette dynamique.

Félix Deschatelets, président et cofondateur d’Emma

« Le problème est à plusieurs niveaux, poursuit-il. Un de ceux-là est la prise de poids durant la grossesse. Souvent, les assureurs vont avoir une règle interne qui dit que s’il y a une prise de poids de plus de 10 livres, les polices ne sont pas nécessairement refusées, mais elles vont être différées. L’assureur dit : “Je suis prêt à considérer votre dossier, mais dans six mois, un an, deux ans, lorsque la situation va être revenue à la normale.” »

Le diabète de grossesse, la dépression post-partum, les accouchements difficiles constituaient d’autres écueils.

« On a discuté avec notre partenaire assureur, le réassureur, les actuaires, et on les a défiés : est-ce que c’est vraiment un risque de décès à court terme qui est à considérer ? À la suite de l’analyse, ils se sont rendu compte que c’étaient de vieilles règles qui n’avaient pas nécessairement été ajustées avec les dernières technologies médicales. »

L’assureur vie Humania, dont le siège social est situé à Saint-Hyacinthe, est actionnaire d’Emma. « On a développé une approche avec eux qui permet d’assurer les femmes enceintes et les jeunes familles à un prix très compétitif », explique son président, Stéphane Rochon. « Le réassureur a embarqué, et de notre côté, nous avons accepté une prise de risque qui est peut-être un peu plus grande, on le saura dans quelques années. »

La grossesse n’est plus un facteur dans l’analyse. Une femme de 25 ans paiera la même prime, qu’elle soit enceinte ou non.

Le risque relié à la grossesse est vraiment marginal. C’est comme ça qu’on a regardé le problème.

Stéphane Rochon, président d'Humania

La police, exclusive à Emma, n’est offerte que sous la forme d’assurance temporaire 65 ans, qui protège donc l’assuré jusqu’à 65 ans.

Pour un capital assuré de 400 000 $, la prime s’établit généralement entre 20 et 25 $ par mois, selon l’âge de la femme. Les promoteurs estiment que les primes sont suffisamment concurrentielles pour intéresser également les jeunes hommes. Le surcoût de la masculinité varie de 10 à 15 %.

Le contrat est émis instantanément.

Près de 500 polices ont été souscrites sur la plateforme depuis mars. « On a plus de 100 personnes par mois qui s’assurent sur la plateforme, au Québec seulement, informe Félix Deschatelets. On vient tout juste d’ouvrir l’Ontario, et en septembre ou octobre, on devrait être partout au Canada. »

« Il faut toujours comparer », recommande néanmoins Denis Preston, chargé de cours en assurance à HEC Montréal. « Il faut toujours avoir un deuxième avis. »

> Consultez le site d'Emma