Chaque dimanche, nous braquons les projecteurs sur des éléments de l’actualité financière et boursière qui peuvent être utiles à l’investisseur, mais qui pourraient être passés sous le radar

Richard Dufour Richard Dufour
La Presse

Gestionnaires de portefeuille et investisseurs sont nombreux à se gratter la tête en observant les marchés boursiers cet été en pleine pandémie.

Quelques raisons – peut-être plus ou moins évidentes, mais néanmoins logiques – expliquent la remontée rapide des indices, selon le chef des investissements chez Gestion Lester, Stephen Takacsy.

« Lorsqu’on achète des actions d’Amazon ou de Microsoft, on ne considère pas uniquement les bénéfices générés par ces entreprises cette année, mais bien ceux des 30 prochaines années. Même si elles ne devaient générer aucun profit cette année, il est difficile de voir comment ces entreprises méritent d’être évaluées à moins de 15 % de leur valeur de début d’année », souligne-t-il dans sa lettre trimestrielle publiée cette semaine.

Une autre raison importante, selon lui, est le fait que Donald Trump et les gouverneurs de certains États américains ont clairement affirmé que l’activité économique n’allait pas s’arrêter de nouveau, peu importe le prix à payer s’il devait y avoir une deuxième vague d’infections.

« Même si cela peut nous offenser personnellement, c’est considéré positivement par le marché boursier. Trump réalise que si l’économie devait encore faire une pause, une profonde récession s’en suivrait jusqu’en novembre et cela nuirait à sa réélection. »

Stephen Takacsy concède cependant que vient un moment où la Bourse devient surévaluée. « Un repli de 10 % peut survenir à n’importe quel moment. Mais le marché pourrait aussi bien monter de 10 % de plus également. »

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Comme toutes les autres pandémies dans l’histoire, celle-ci aussi passera, soutient le gestionnaire d’actifs montréalais Claret dans sa lettre trimestrielle envoyée à ses clients cette semaine. « Un vaccin sera éventuellement découvert, et la vie reprendra son cours normal. Nous osons espérer qu’avec les progrès de la médecine et de la recherche réalisés au cours des 100 dernières années, un vaccin sera découvert bientôt. »

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Medici, gestionnaire d’actifs de Saint-Bruno-de-Montarville, vient de réduire de moitié sa participation dans Berkshire Hathaway, le conglomérat dirigé par Warren Buffett.

« Nous aurions aimé que l’entreprise soit plus opportuniste durant la chute des marchés au premier trimestre. Ses liquidités titanesques sont presque devenues un boulet », est-il révélé dans la lettre trimestrielle de Medici rédigée dans les derniers jours.

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« Le dénouement de cette pandémie est très difficile à prévoir », reconnaît le gestionnaire de portefeuille Martin Lalonde, de la firme Rivemont.

« S’il y a une chose que le deuxième trimestre nous a démontrée, c’est que le marché est très imprévisible. Très peu de gens avaient prédit un rebond aussi rapide, et plusieurs ont été pris par surprise alors qu’ils espéraient déployer leur encaisse à des prix encore plus bas », peut-on lire dans sa lettre trimestrielle. « Prédire la direction de l’économie est une science excessivement complexe avec des centaines de variables interreliées. Même les meilleurs économistes ont un historique plutôt médiocre pour prédire les récessions et les reprises économiques. »

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Ensemble, Shopify et le secteur aurifère sont responsables de près de la moitié du rendement de + 17 % dégagé par le principal indice de la Bourse de Toronto au deuxième trimestre. Qu’à cela ne tienne, Stephen Takacsy souligne que ni l’« extrême évaluation » de Shopify à plus de 40 fois ses revenus futurs ni l’imprévisibilité du prix de l’or et la volatilité des titres aurifères ne cadrent dans sa stratégie de placement.

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Au lendemain de la publication de résultats épatants en milieu de semaine, Canaccord a décidé de désormais recommander l’achat de l’action de Cogeco Communications. L’amélioration des perspectives financières est au cœur de la décision de l’analyste Aravinda Galappatthige.

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407 International, société propriétaire de l’autoroute 407 en Ontario et dans laquelle SNC-Lavalin détient une participation de 7 %, a dévoilé sa plus récente performance financière jeudi. Pour le deuxième trimestre de suite, aucun dividende n’a été déclaré au moment de la publication des résultats. L’analyste Michael Tupholme, de la TD, ne se formalise pas trop de l’absence d’un dividende quant à la situation financière de SNC, mais dit s’attendre à ce que le versement du dividende reprenne dans six mois.

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La Financière Banque Nationale recommande depuis jeudi l’achat de l’action de Gildan en prévision de la publication des résultats que l’entreprise montréalaise dévoilera le 30 juillet. L’analyste Vishal Shreedhar croit que la demande pour les produits de Gildan reprend. « Les distributeurs ont commencé à regarnir leurs inventaires. » Il ajoute que l’équipement de protection nouvellement fabriqué pendant la pandémie fait aussi l’objet d’une forte demande. « C’est un nouveau marché pour Gildan, mais les premières indications montrent que la taille de ce marché pourrait être très grande et ce n’est pas reflété dans les attentes. »

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RBC a relancé cette semaine la couverture des entreprises québécoises WSP et SNC-Lavalin avec des recommandations d’achat. RBC ne suivait plus ces titres depuis le départ de l’analyste Derek Spronck l’hiver dernier. Ce dernier a quitté RBC pour devenir gestionnaire de portefeuille pour le compte d’un investisseur institutionnel de l’Ouest canadien. Sabahat Khan est le nouvel analyste de RBC affecté à WSP et à SNC.

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Les titres québécois de Cascades, Couche-Tard, Innergex, Boralex, TFI (ex-TransForce) et Quincaillerie Richelieu ont touché cette semaine un sommet de la dernière année en Bourse. À l’opposé, Bellus Santé a atteint un nouveau plancher des 52 dernières semaines.