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Les pratiques illégales d'Autonum Presto

Les services de la société Autonum Presto Locations... (Photo archives Le Soleil)

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Les services de la société Autonum Presto Locations sont accessibles par l'entremise de quelque 150 concessionnaires.

Photo archives Le Soleil

Deux entreprises montréalaises actives dans le financement automobile ont été sanctionnées récemment par l'Autorité des marchés financiers (AMF) qui a levé le voile sur les pratiques illégales dans l'univers de la « deuxième chance au crédit ».

La société Autonum Presto Locations ainsi que le cabinet de courtage Accomodex, tous deux dirigés par Claude Joyal, ont écopé de sanctions de 60 000 $ et 45 000 $ respectivement, a-t-on appris en mars dernier.

Les deux entreprises intimement liées partagent les mêmes locaux rue Jarry, à Saint-Léonard. Autonum offre des contrats de location à long terme à taux élevés à des clients en difficulté financière qui sont incapables d'obtenir du financement traditionnel. Ses services sont accessibles par l'entremise de quelque 150 concessionnaires.

Or, Autonum et Accomodex ont commis de nombreuses entorses aux règles de l'AMF qui encadre la distribution d'assurance dans l'industrie automobile.

ASSURANCES DE FORCE

Avant de consentir un prêt, Autonum forçait sa clientèle à souscrire différentes assurances (plan de protection des paiements, assurance tous risques, assurance de remplacement) par l'entremise d'Accomodex, ce qui est illégal. Les consommateurs ont le droit de s'assurer où bon leur semble.

Dans certains cas, les gens recevaient l'information sur la couverture d'assurance après avoir conclu la transaction, sans même savoir qu'ils avaient accepté cette protection. Les clients n'étaient donc pas informés de la nature du produit avant de s'embarquer.

Ils ne pouvaient pas savoir si l'assurance correspondait vraiment à leurs besoins, ou même si elle était nécessaire.

De son côté, le cabinet d'assurances ne divulguait pas ses commissions (jusqu'à 400 $) aux clients à l'avance et par écrit, comme le veut la loi. Plusieurs clients ignoraient même l'existence d'Accomodex avant de recevoir la facture.

Or, ces frais de service n'avaient aucune raison d'être, car Accomodex n'agissait pas réellement à titre de courtier. En réalité, Accomodex envoyait toute la clientèle à un seul et même assureur, sans jamais magasiner la meilleure soumission pour ses clients. L'ensemble de la clientèle obtenait un produit unique, comportant les mêmes garanties, peu importe les besoins spécifiques de chaque assuré.

La dirigeante responsable d'Accomodex qui devait veiller à la conformité du cabinet a reçu une sanction de 5000 $. Elle a été forcée de quitter son poste. Toutefois, M. Joyal a pu garder les rênes de l'entreprise après avoir accepté de mettre en place des mesures pour éviter que les manquements se reproduisent.

Mais ce n'est pas la première fois qu'Autonum est mêlée à une histoire pareille. En 2012, l'AMF avait sévi contre Avro services de gestion de risques qui avait été condamnée à une amende de 25 000 $.

En gros, les clients vulnérables qui obtenaient du financement avec Autonum étaient contraints de prendre de l'assurance auprès d'Avro, sans égard à leurs besoins, sans même avoir discuté avec un représentant.

PLAINTES À L'OPC

Les frictions entre Autonum et sa clientèle ne se limitent pas à des questions d'assurance. L'entreprise fait aussi l'objet de 69 plaintes auprès de l'Office de la protection du consommateur (OPC) depuis un an.

De nombreuses plaintes portent sur des problèmes mécaniques avec le véhicule loué ou acheté, indique l'OPC.

D'autres clients se plaignent de la reprise de possession de leur véhicule qui aurait eu lieu sans qu'ils en aient été avisés. Le montant des pénalités et les pratiques de recouvrement de l'entreprise font aussi l'objet de contestation.

Parmi les autres motifs de plaintes, on trouve les garanties prolongées et les assurances invalidité vendues avec le véhicule.

L'OPC mène des vérifications sur l'entreprise qui a déjà reçu un avis d'infraction en 2013, mais n'a jamais fait l'objet d'une action pénale.

CONTOURNEZ LES PIÈGES DU CRÉDIT AUTO À RISQUE

Vous cherchez une voiture même si vous êtes fauché ? Méfiez-vous des prêteurs qui acceptent tous les dossiers. Avec des taux d'intérêt allant jusqu'à 30 %, l'industrie de la « deuxième chance au crédit » peut vous attirer dans la spirale de l'endettement. Quand aucun crédit n'est refusé, c'est peut-être vous qui devriez reculer.

DU VERT POUR SORTIR DU ROUGE

Plutôt que d'acheter une voiture avec un taux d'intérêt exorbitant, pourriez-vous utiliser les transports en commun le temps de rebâtir votre dossier de crédit ? Pourriez-vous marcher ou prendre votre vélo ? Utiliser l'autobus, le métro ou le train de banlieue ? Utiliser un taxi de temps en temps ? Faire du covoiturage, adhérer à un service d'autopartage, emprunter occasionnellement la voiture d'un proche ? Pensez-y. Pendant ce temps, payez vos comptes et épargnez.

SAUTEZ SUR UNE OCCASION, UNE VRAIE

Vous avez peu de moyens ? Visez une auto à 3000 ou 4000 $. Ce ne sera pas le véhicule le plus excitant, mais plutôt une berline américaine avec 10 ans d'âge, dotée d'un moteur 4 cylindres qui ne coûtera pas trop cher d'essence. Avec un peu de chance, vous pourrez la garder 5 ans et rouler 100 000 km. Consultez l'Association pour la protection des automobilistes (APA), qui est à l'affût de ce genre d'occasions qui s'envolent en quelques heures dans les petites annonces. « On peut faire des miracles à l'APA », assure son président, George Iny. « J'aimerais tellement pouvoir aider les gens qui peuvent trouver 3000 $, dit-il. Mais on a de la difficulté à rejoindre cette clientèle-là. »

Consultez le site de l'APA :

https://www.apa.ca/default_fr.asp?l=fr

N'ÉTIREZ PAS VOTRE BUDGET

Une auto, ça coûte cher. Au coût d'achat, il faut ajouter les intérêts, l'immatriculation, les assurances, l'essence, les réparations, les pneus, le stationnement, etc. Avez-vous la capacité de payer ? L'aurez-vous encore dans le futur ? Évitez de rembourser sur une trop longue période, même si cela réduit le montant de vos paiements. Plus vous étirez, plus ça coûte cher d'intérêts. Et plus vous risquez de ne pas pouvoir payer jusqu'au bout en cas de pépin. Même en revendant votre voiture, vous pourriez avoir à sortir de l'argent de vos poches, car le montant que vous obtiendrez en échange ne sera pas suffisant pour rembourser votre prêt au complet, prévient l'Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC).

Consultez le site de l'ACFC :

https://www.fcac-acfc.gc.ca/Fra/consommateurs/sujets/creditPrets/Pages/financer-auto.aspx

GARANTIE : NE VOUS LAISSEZ PAS TORDRE LE BRAS

Ne vous laissez pas tordre le bras si le vendeur exige que vous achetiez une garantie mécanique chez lui, sans quoi il ne vous accordera pas le financement. C'est interdit ! L'achat d'une garantie supplémentaire ne peut pas être obligatoire à la conclusion du contrat, indique l'OPC.

Lisez les conseils de l'OPC :

https://www.opc.gouv.qc.ca/en/news/conseil/article/achat-dune-auto-quand-aucun-credit-nest-refuse/

NE NÉGLIGEZ PAS L'INSPECTION

Certains acheteurs préfèrent acheter des accessoires futiles, plutôt que de payer pour une bonne inspection. Erreur ! Sans inspection, ils risquent de tomber sur un citron. D'ailleurs, le vendeur d'une voiture d'occasion est obligé de vous laisser faire un essai routier, précise l'Office de la protection du consommateur (OPC). Il doit aussi vous permettre de faire inspecter le véhicule par le technicien de votre choix. S'il ne veut pas, c'est louche ! L'APA et CAA Québec offrent des services d'inspection.

Consultez le site de CAA-Québec :

https://www.caaquebec.com/fr/sur-la-route/services/inspection-dun-vehicule/

ASSURANCES : VOUS AVEZ LE CHOIX

Si vous financez l'achat de votre véhicule, le concessionnaire d'automobiles peut vous offrir une assurance vie, santé et perte d'emploi. Bien que certaines sociétés de financement exigent que vous déteniez une telle assurance, vous êtes libre de vous la procurer auprès de l'assureur de votre choix, précise l'Autorité des marchés financiers (AMF). D'ailleurs, votre couverture d'assurance vie actuelle pourrait être suffisante. Inutile d'être assuré en double !

Consultez le site de l'AMF : 

https://www.lautorite.qc.ca/fr/assurance-achat-location-auto-conso.html

ASSURANCE DE REMPLACEMENT : ALLEZ VOIR AILLEURS

Dans le financement à haut risque, les acheteurs se font souvent imposer l'achat d'une assurance de remplacement. Ne cédez pas aux pressions ! Si vous tenez vraiment à avoir une assurance de remplacement (l'équivalent d'un avenant valeur à neuf), allez voir ailleurs. Plusieurs courtiers d'assurance offrent aussi cette assurance, généralement à bien meilleur prix que le concessionnaire qui se garde une commission allant jusqu'à 60 % du montant de la prime.

HARCÈLEMENT ET SAISIE

Vous n'arrivez plus à payer votre auto ? Sachez que le commerçant ne peut pas vous menacer, vous harceler, embêter vos proches, vous téléphoner à toute heure du jour et de la nuit. Il doit respecter la loi. Il ne peut pas non plus saisir votre véhicule sans crier gare ou vous empêcher de l'utiliser, par exemple avec un système d'antidémarrage, ajoute l'OPC. Il doit vous envoyer un préavis de 30 jours.




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