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De l'espoir au Canada en 2016

Clément Gignac, vice-président principal, économiste en chef et... (PHOTO PASCAL RATTHÉ, ARCHIVES LE SOLEIL)

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Clément Gignac, vice-président principal, économiste en chef et président du Comité d'allocation d'actifs du groupe financier Industrielle Alliance.

PHOTO PASCAL RATTHÉ, ARCHIVES LE SOLEIL

Chaque semaine, un financier répond à nos questions. Il donne sa lecture des marchés, offre son point de vue sur la Bourse et lance quelques conseils d'investissement. Notre invité cette semaine : Clément Gignac, vice-président principal, économiste en chef et président du Comité d'allocation d'actifs du groupe financier Industrielle Alliance.

C'est la chute du prix du pétrole sous les 40 $US le baril, après la levée des quotas de production par l'OPEP une semaine plus tôt.

Vu l'importance de l'industrie pétrolière au Canada, le dollar canadien et la Bourse canadienne ont subi le plein impact de cette chute. Les titres du secteur pétrolier ont été touchés, mais aussi ceux du secteur bancaire, en raison du risque accru de leurs actifs financiers liés à l'industrie pétrolière.

À la Bourse américaine, la chute du pétrole sous les 40 $US a eu un impact direct sur les actions d'entreprises d'énergie, mais aussi sur leurs obligations à haut rendement (taux élevés), dont elles ont besoin pour financer leurs activités.

L'INDICATEUR À SUIVRE

Je garde un oeil attentif sur le prix du pétrole.

Je surveille aussi le taux de change du dollar américain, dans l'attente d'une décision de la Réserve fédérale américaine (Fed) sur son taux directeur, la semaine prochaine.

La valeur du dollar américain est importante à deux niveaux.

D'une part, plus elle s'élève, plus elle nuit aux profits des multinationales américaines qui sont parmi les titres les plus influents en Bourse.

D'autre part, la valeur élevée du dollar américain devient perturbante pour les marchés financiers mondiaux. C'est encore plus vrai dans les économies émergentes, où plusieurs entreprises qui avaient emprunté en dollars américains à faible taux d'intérêt se retrouvent avec une dette beaucoup plus coûteuse à supporter.

OÙ INVESTIR ?

Nous avons commencé à surpondérer la Bourse canadienne dans nos portefeuilles, ce qui peut sembler à contrecourant des récents mouvements.

En fait, après cinq ans de sous-performance face à la Bourse américaine, nous croyons que la Bourse canadienne se dirige vers un revirement positif vers la mi-2016.

La raison : ce revirement suivrait celui, attendu aussi, du prix du pétrole, en raison de la diminution imminente et marquée de la production de pétrole de schiste aux États-Unis.

Ce recul marqué du pétrole de schiste, anticipé dès le deuxième trimestre de 2016, devrait suffire à résorber le surplus d'offre de pétrole sur le marché mondial et donc, motiver un redressement des prix dans un marché encore en croissance de la demande. Ce contexte s'annonce favorable à la Bourse canadienne et au dollar canadien.

LE PLACEMENT À ÉVITER

Dans nos fonds diversifiés, nous demeurons sous-pondérés en obligations gouvernementales à longue échéance (10 ans et plus), en raison surtout de leur rendement beaucoup trop faible par rapport aux obligations à court terme. Aussi, en comparaison du rendement au comptant de 3 % environ dans les bons fonds d'actions canadiennes à dividende, sans compter le potentiel de gain de valeur.

Par ailleurs, la possibilité d'une hausse de taux directeur par la Fed accentue le risque de dépréciation des obligations négociables de longue échéance et à faible taux.

C'est pour cette raison aussi que nous sommes prudents envers les actions des entreprises de services publics.

CE QUI EST SOUS-ESTIMÉ

C'est l'impact de la géopolitique mondiale sur la volatilité des marchés financiers et boursiers au cours des prochains trimestres.

D'une part, il y a des sursauts des tensions impliquant les grandes puissances, comme la Russie face à la Turquie, ou la Chine face aux États-Unis dans l'océan Indien.

D'autre part, aux États-Unis, l'élection présidentielle s'annonce plus tumultueuse que d'habitude sur les marchés financiers. D'autant qu'elle pourrait opposer la démocrate Hillary Clinton au républicain Donald Trump.

Les investisseurs et les milieux d'affaires préfèrent habituellement une administration républicaine. Mais cette fois, on semble se méfier des opinions controversées de Donald Trump et de leur impact sur le commerce international des États-Unis.

L'EXPERT DE LA SEMAINE

Clément Gignac est vice-président principal, économiste en chef et président du Comité d'allocation d'actifs du groupe financier Industrielle Alliance. Il supervise des fonds diversifiés canadiens qui cumulent 4 milliards en actifs.

Avant de se joindre à la haute direction d'Industrielle Alliance, il y a trois ans, M. Gignac a été pendant trois ans ministre à portefeuille économique au gouvernement du Québec. Auparavant, il a été 20 ans à la direction des études économiques et de stratégie des marchés à la Banque Nationale. Il a aussi été conseiller spécial du ministère fédéral des Finances en 2008 et 2009, lors de la pire crise financière à survenir en 60 ans dans les économies développées.




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