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Comment récupérer les années d'épargne perdues?

Claude Montmarquette, président-directeur général du CIRANO.... (Photo André Pichette, La Presse)

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Claude Montmarquette, président-directeur général du CIRANO.

Photo André Pichette, La Presse

Jean Gagnon

Collaboration spéciale

La Presse

Les 10 premières années de votre vie de travailleur sont les plus importantes quant à l'accumulation d'épargne. Mais comme bien d'autres, vous les avez peut-être ratées. Comment pouvez-vous récupérer le temps perdu ? Des experts se prononcent.

POURQUOI UN CONSEILLER ?

Pour accélérer l'accumulation d'épargne, rien de mieux que de bons rendements sur les investissements, pourrait-on croire. Alors devez-vous faire appel à un conseiller financier ? Plusieurs vous diront que là n'est pas la solution, car pour la plupart, ces experts n'arrivent pas à battre les marchés. De plus, il y a les frais qui grugent une partie du rendement.

Mais la question ne s'arrête pas là. Claude Montmarquette, président-directeur général du CIRANO (Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations), a effectué une recherche économétrique qui démontre l'efficacité du conseiller financier à condition de recourir à ses services sur une période de temps suffisamment longue.

« L'étude démontre que les gens qui ont profité des services d'un conseiller financier pendant 15 ans et plus ont accumulé un actif plus grand que ceux qui ne l'ont pas fait. » - Claude Montmarquette

Pourquoi ? D'abord parce que les investisseurs appuyés par un bon conseiller seront beaucoup plus disciplinés. Le conseiller leur évitera de tomber dans les pièges que leur tendra la volatilité des marchés, soit de vendre en panique parce que les marchés ont baissé ou d'acheter lorsque l'euphorie aura poussé ceux-ci à des niveaux beaucoup trop élevés.

De plus, l'étude du professeur Montmarquette démontre que les individus qui utilisent les services d'un conseiller épargnent plus.

Enfin, ceux-ci profiteront généralement d'une meilleure diversification de leurs investissements et conserveront, entre autres, moins d'encaisse.

L'IMPORTANCE DES DERNIÈRES ANNÉES

Dans la gestion de sa retraite, il faut absolument éviter de se retirer trop tôt et d'ainsi ne pas obtenir les bénéfices des cinq dernières années, explique Denis Julien, conseiller en sécurité financière chez Groupe Lafond, rattaché à Investia Services Financiers. « C'est à ce moment que les plus gros montants sont en jeu et qu'ils font beaucoup de petits », dit-il.

L'exemple de la Régie des rentes (RRQ) est probant. Pour une personne de 60 ans, les prestations acquises atteignent 632 $ par mois ou 7584 $ par an. C'est ce qu'elle recevra si elle décide de toucher ses prestations dès ce moment.

Si elle cesse de cotiser mais attend à 65 ans pour recevoir ses prestations, elle touchera 820 $ par mois ou 9840 $ par an. Et si elle continue de cotiser jusqu'à 65 ans, elle recevra 971 $/mois ou 11 652 $ par an, soit 54 % de plus que dans le premier cas. « Si on est en santé avec de bonnes expectatives de longévité, il s'agit d'une décision primordiale », dit Denis Julien.

Plusieurs considérations devraient inciter les gens à adopter cette stratégie, selon le conseiller en sécurité financière. D'abord, il s'agit de prestations indexées sur une base régulière, ce qui leur confère une valeur supplémentaire.

De plus, attendre à 65 ans avant de toucher à ses épargnes permettra aux autres avoirs détenus dans un CELI ou dans un REER de prendre aussi plus de valeur.

Il faut également comprendre où se situe réellement le risque, explique M. Julien. Les gens oublient que le principal risque est celui de la longévité et non pas le risque de marché. « Il est singulier que beaucoup de futurs retraités se préoccupent du risque de leur portefeuille, tout en sacrifiant trop légèrement une part importante de leurs revenus garantis par une retraite hâtive et coûteuse », dit-il.

LES 40-45 ANS

Si les cinq dernières années sont si profitables pour les épargnants, qu'en est-il alors de la cohorte des 40-45 ans qui rêvent d'une retraite plus hâtive ? « Ils ont intérêt à se bâtir une épargne qui leur permettra de financer cette préretraite », répond Denis Julien. Ils pourront ainsi ne pas avoir à toucher à leurs prestations de la RRQ avant 65 ans.

Un petit truc pour y arriver : ne pas rembourser l'hypothèque trop rapidement, mais plutôt cotiser à son REER. Les cotisations au REER ont pour effet d'augmenter le revenu disponible durant les années actives. Et elles se veulent un des meilleurs moyens d'accumuler de l'épargne.




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