Chaque dimanche, un financier répond à nos questions. Il donne sa lecture des marchés, offre son point de vue sur la Bourse et lance quelques conseils d'investissement. Cette semaine, Bill Healy,chez Patrimonica à Montréal.

Publié le 30 sept. 2015
Richard Dufour LA PRESSE

L'ÉVÉNEMENT DE LA SEMAINE

Ce fut une semaine mouvementée avec le scandale Volkswagen, les contrecoups sur les autres fabricants, l'élection en Grèce et les prévisions des ventes pour 2016 nettement à la baisse de Caterpillar.

Mais l'événement qui retient le plus notre attention est la réaction et l'interprétation de la décision de la Fed de reporter la hausse de taux si anticipée.

Cela démontre à quel point les marchés craignent un ralentissement mondial, car cette décision a eu pour effet de miner la confiance. Il faut dire que par le passé, la Fed ne se préoccupait que des données et de la conjoncture nationale, alors qu'elle semble maintenant tenir compte du contexte économique des autres régions.

L'INDICATEUR À SUIVRE

Nous nous concentrons sur les données macroéconomiques avec une attention particulière aux indicateurs avancés tels que la création d'emploi, les ventes de maisons, l'investissement des entreprises en équipement et l'âge moyen du parc automobile. Ces données nous fournissent des indices sur les points d'inflexion ou la vigueur d'une tendance. À titre d'exemple, une forte création d'emploi conjuguée avec un parc automobile vétuste laisse présager une augmentation des ventes automobiles.

OÙ INVESTIR ?

Je privilégie des ajouts aux actions privilégiées. Depuis la baisse de taux de la Banque du Canada en janvier, elles ont chuté de façon dramatique, créant ainsi des opportunités. Certes, il faut choisir avec discernement, car les caractéristiques diffèrent considérablement d'une série à une autre. Sinon, on peut opter pour un fonds négocié en Bourse tel que celui d'Horizon (symbole HPR). Il se distingue du fait qu'il est géré activement par Fiera, offrant ainsi le discernement qui est absent de ses homologues indiciels.

LE PLACEMENT À ÉVITER

À moins d'être convaincu que nous glisserons vers une période de ralentissement prolongé, aggravé par une tendance déflationniste, les obligations à long terme sont à éviter. Ayant des rendements réels dérisoires et un risque de perte considérable, c'est un pari qui défie la raison. Cette conséquence de l'intervention sans précédent des banques centrales sur les marchés obligataires peut perdurer, mais elle aura éventuellement une fin, comme toute autre chose.

LE PLUS SOUS-ESTIMÉ

Les marchés sous-estiment la résilience de l'apport des économies développées à la croissance mondiale. L'économie américaine continue à démontrer sa vigueur, les données sur l'emploi, les ventes au détail, l'immobilier et les investissements des entreprises en équipement et en matériel en témoignent de façon convaincante. Les progrès des économies européennes et japonaises, bénéficiant des politiques de stimulation agressives, bien que plus fragiles, affichent une tendance positive. De plus, la faiblesse du prix du pétrole demeure un facteur positif pour ces économies qui sont des consommateurs nets de cette ressource. En somme, nous ne croyons pas que la Chine plombera l'économie mondiale, mais plutôt que le synchronisme qui s'amorce aura un effet d'entraînement.

BILL HEALY, EN BREF

Bill Healy est directeur général et chef des placements chez Patrimonica Gestion d'actifs à Montréal. Patrimonica se définit comme un chef des placements en impartition pour familles fortunées, fondations et fonds de dotation. Bill Healy est responsable de la gestion de portefeuille au sein du Family Office. Avant de fonder Patrimonica, il a notamment été vice-président, gestionnaire de portefeuille chez MFS McLean Budden durant une dizaine d'années. Il est par ailleurs impliqué dans le programme de gestion de portefeuille Kenneth Woods de l'école de gestion John Molson de l'Université Concordia.