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Garder le cap malgré la volatilité!

Carole Berthiaume, vice-présidente et gestionnaire principale des portefeuilles d'actions... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE)

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Carole Berthiaume, vice-présidente et gestionnaire principale des portefeuilles d'actions chez Fiera Capital, à Montréal.

PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE

Chaque samedi, un financier répond à nos questions. Il donne sa lecture des marchés, offre son point de vue sur la Bourse et lance quelques conseils d'investissement. Cette semaine, Carole Berthiaume, vice-présidente et gestionnaire principale des portefeuilles d'actions chez Fiera Capital, à Montréal.

À votre avis, quel est l'événement le plus significatif des derniers jours à la Bourse?

Je préfère prendre un recul de quelques semaines. Parce que l'actualité la plus significative en Bourse depuis quelque temps est la remontée assez rapide des taux obligataires à terme de 10 ans, plus rapide, en fait, que ce à quoi on s'attendait à court terme.

Aux États-Unis, surtout, le taux est passé de 1,6% au début du mois de mai aux environs de 2,2% maintenant. C'est une remontée significative en peu de temps, d'autant plus qu'elle survient après une période de taux artificiellement bas provoqués par les interventions de la Réserve fédérale (Fed).

En Bourse, cette remontée plus rapide des taux a fait soudainement rebondir l'incertitude et la volatilité. Aussi, elle menace la valeur des actions d'entreprises dans des secteurs plus sensibles au taux d'intérêt, comme certains services publics et les fiducies immobilières.

Quel indicateur suivez-vous le plus attentivement en ce moment?

Ce sont les principales données sur l'économie américaine parce qu'en dépit de ses problèmes des dernières années, elle demeure un élément déterminant dans l'économie mondiale.

Parmi ces données, j'ai une attention particulière pour l'emploi et l'immobilier résidentiel aux États-Unis. Est-ce que l'amélioration constatée depuis quelques mois va se poursuivre?

Par ailleurs, avec la remontée rapide des taux obligataires, je suis l'impact sur les taux d'intérêt aux emprunteurs. Si la hausse s'avère plus importante que prévu, ça pourrait toucher la reprise économique qui apparaît encore fragile aux États-Unis.

[NDLR: Les refinancements hypothécaires aux États-Unis ont déjà chuté d'un tiers depuis deux semaines, alors que les taux ont grimpé à leur plus haut en 14 mois.]

Que feriez-vous avec plusieurs milliers de dollars à investir?

Chez Fiera Capital, nous préconisons une surpondération en actions par rapport aux obligations, mais avec une grande prudence ces temps-ci à l'égard des secteurs plus sensibles aux taux d'intérêt.

Parmi notre clientèle de particuliers fortunés, le portefeuille type n'est plus qu'à 10% en titres de revenu traditionnels, comme les obligations.

Un tiers environ (33%) est consacré à des titres de revenu considérés comme non traditionnels, comme des entreprises ou des fonds investis en infrastructures.

La majeure partie de ce portefeuille type demeure en titres d'équité ou de quasi-équité, dont le rendement s'appuie surtout sur l'appréciation de la valeur plutôt que sur des revenus courants.

Dans cette catégorie, on trouve environ 35% d'un portefeuille type en actions d'entreprises avec une préférence pour l'Amérique du Nord, tout juste devant les autres économies développées dans le monde.

La part restante de 22% de notre portefeuille type est formée de titres d'équité moins traditionnels, comme des fonds de couverture hedge funds] et des produits dérivés de gestion de risque.

Quel placement évitez-vous à tout prix?

Chez Fiera Capital, nous sommes très prudents ces temps-ci à propos de la valorisation boursière attribuée aux titres à rendement élevé au comptant (dividendes, intérêts).

Les fiducies immobilières en sont un exemple, de même que certains services publics qui sont moins sensibles aux cycles économiques.

Cela dit, c'est compréhensible que les investisseurs soient attirés par les titres à revenu courant plus élevé, afin de compenser le rendement encore très faible des titres obligataires.

Ce qui nous préoccupe, cependant, c'est la valorisation [prix] attribuée à ces titres à revenu, qui est devenue très chère. Surtout par rapport au risque d'une dévaluation marquée si la remontée des taux obligataires devait s'avérer plus rapide que prévu.

Qu'est-ce que les marchés sous-estiment le plus actuellement?

À notre avis, les marchés sont devenus trop axés sur le court terme au détriment du moyen et du long terme, alors que c'est ce qui devrait être le plus important pour la plupart des investisseurs.

Cette vision à court terme sur les marchés découle des remous de l'après-crise financière de 2008 et le contexte de croissance économique encore incertaine, cinq ans plus tard.

En contrepartie, les investisseurs trop fixés sur le court terme se retrouvent à sous-estimer le bon potentiel de plusieurs entreprises pour accroître leur cash-flow [flux de trésorerie] et leurs prochains résultats.

Quand on évalue ce potentiel sur un horizon de deux à trois ans, on se rend compte que les actions de plusieurs entreprises demeurent moins valorisées en Bourse. Chez Fiera Capital, c'est ce qui guide notre recherche d'occasions d'achat et d'ajout à nos portefeuilles d'actions, au lieu d'agir en fonction du court terme.

***

Forte d'une quinzaine d'années d'expérience dans le placement, Carole Berthiaume supervise la gestion des portefeuilles d'actions chez Fiera Capital, à Montréal. Cette firme montréalaise cible le marché des investisseurs institutionnels, des fonds d'investissement et des fortunes privées. Avec 64 milliards en actifs sous gestion, Fiera est l'une des plus importantes firmes indépendantes de placement du Canada.




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