Au Québec, 544 000 travailleurs autonomes pratiquent différentes professions. En cas de maladie ou d'accident, comment feront-ils pour gagner leur vie au quotidien?

Annie Bourque, collaboration spéciale LA PRESSE

«Dès que l'on commence à travailler, on doit sécuriser ses revenus», souligne André Joncas, conseiller en sécurité financière pour www.monconseiller.ca.

Il faut donc s'assurer de garnir ses coffres même en cas de maladie ou d'incapacité.

La situation des travailleurs autonomes est encore plus criante puisqu'ils ne peuvent compter sur le filet de sécurité habituellement offert par un employeur. Mais voilà, comment évaluer sa situation et ses besoins si les revenus sont instables?

Au Québec, neuf compagnies offrent l'assurance invalidité, produit généralement recommandé pour les travailleurs autonomes.

«C'est l'équivalent d'une assurance salaire. La personne reçoit une somme mensuelle en fonction de son revenu qui lui permettra de payer son loyer, son épicerie, son électricité. Les factures continuent d'entrer même si nous sommes malades», affirme Nathalie Tremblay, chef de produits d'assurance santé au Mouvement Desjardins.

Le montant

Le montant des primes d'assurances variera en fonction de l'âge du requérant, s'il est fumeur ou non et des risques liés à son emploi.

Un informaticien de 40 ans, avec un salaire de 60 000 $, paiera environ 115 $ par mois ou 28,75 $ par semaine pour son assurance invalidité.

Le camionneur ou l'ébéniste paiera plus cher. «S'il tombe malade, notre informaticien aura droit à une rente de 3000 $ par mois, une somme qui paiera ses dépenses courantes, explique Stéphane De Maria, conseiller en sécurité financière.

«Les réclamations les plus importantes chez les assureurs sont les maux de dos ou les maladies liées au surmenage, dont le burnout et la dépression», ajoute-t-il.

Les femmes paieront plus cher pour une assurance invalidité. Une informaticienne de 40 ans qui gagne 40 000 $ paiera jusqu'à 175 $ par mois pour sa prime. La chef de produit d'assurance santé au Mouvement Desjardins, Nathalie Tremblay, explique que «les compagnies d'assurance accordent plus de prestations d'invalidité aux femmes qu'aux hommes. Toutefois, les femmes paieront moins cher leur assurance vie puisqu'elles vivent plus longtemps».

Autres questions

Les travailleurs autonomes devraient-ils songer à cotiser à l'assurance-emploi qui donne droit à un congé de maladie?

«Je ne le recommande pas, car la personne aura seulement droit à 55 % de son salaire durant une période maximale de 15 semaines», précise Josée Jeffrey, planificatrice financière.

Qu'en est-il de l'assurance en cas de maladie grave?

«Ce n'est pas une priorité, et ce, même pour les gens de 50 ans», indique Denis Preston, planificateur financier. M. Preston estime que cette assurance est trop restreinte. Elle couvre, entre autres, les cas de cancer, paralysie, tumeur au cerveau, parkinson, alzheimer, coma, surdité ou cécité, etc. «Si vous voulez acheter une assurance habitation, allez-vous seulement assurer votre salon?», illustre-t-il.

De plus, M. Preston recommande de vérifier la signification du terme «invalidité» et certaines exclusions. Si vous conduisez en état d'ébriété, il est peu probable que vous soyez couvert par la compagnie d'assurance.

La solution

Denis Preston, comptable et planificateur financier, conseille à Camille l'assurance «invalidité perte de revenu». «Ça ressemble à une assurance salaire qui lui permettra de couvrir ses commissions et ses avances de salaire», explique-t-il.

L'absence d'un revenu stable pourrait être problématique, selon lui. «Ça se règle en montrant aux assureurs des preuves de contrats dûment signés», ajoute M. Preston.

André Joncas nuance son propos. «Il n'y a personne qui n'est pas assurable au Québec.» M. Preston évalue que Camille pourrait obtenir, par exemple, environ 1400 $ à titre de rente mensuelle, ce qui lui coûterait environ 56 $ par mois. En cas d'absence de coussin financier, M. Preston lui recommande de souscrire à une assurance qui a un délai de carence 30 jours. «Si elle tombe malade le 1er janvier 2014, ça signifie qu'elle aura droit à sa rente à partir de fin février, début mars.» 

Camille, 20 ans

Paiement mensuel de loyer: 400 $ (chauffage et électricité compris)

Cellulaire: 85 $ par mois

Prêt étudiant: 400 $ par mois

Revenus en 2012: 15 000 $

Revenus anticipés en 2013: de 20 000 à 100 000 $ annuellement

Véhicule: 200 $ par mois (essence et assurance)

Dette carte de crédit: 800 $

Montant de la prime d'invalidité

Il varie en fonction de l'âge du requérant, s'il est fumeur ou non et des risques liés à son emploi.

Informaticien de 40 ans

Salaire: 60 000 $

Coût de la prime: 115 $ par mois (28,75$ par semaine)

Rente: 3000 $ par mois

*

Traductrice de 30 ans

Salaire: 30 000 $

Coût de la prime: 74$ par mois (18,50$ par semaine)

Rente: 1850 $ par mois