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Épargne-études: individuelle ou collective?

Dès la naissance de leur poupon, les nouveaux parents doivent penser à son avenir : ils sont rapidement sollicités par des fondations qui les incitent à souscrire à leur Régime enregistré d'épargne-études (REEE). Pourquoi adhérer aux programmes de REEE collectifs offerts par ces fondations, plutôt que de prendre un REEE individuel ou familial auprès de n'importe quelle institution financière ?

La mise en commun des épargnes de milliers de personnes offre une meilleure sécurité et permet de maximiser les investissements, explique-t-on chez Universitas. «Tous les surplus non requis à la gestion des opérations sont remis dans le fonds de bourses, au bénéfice des jeunes», explique Tina Fournier-Ouellet, responsable des communications pour Universitas. «Ce sont eux qui profiteront de ces sommes une fois prêts à amorcer leurs études postsecondaires.»

Les régimes collectifs bénéficient du fait que certains enfants ne feront pas d'études avancées. Les sommes cotisées seront remises aux parents, mais les intérêts accumulés resteront dans le régime, tout comme les frais de souscription.

Est-ce qu'ils rapportent plus qu'un REEE individuel ? Ça dépend du type de placements dans lesquels les fonds sont investis. L'Autorité des marchés financiers exige que les fondations soient prudentes dans leurs placements. Tandis que pour un REEE individuel, plus de possibilités sont offertes.

Un des avantages des régimes collectifs, c'est qu'ils obligent les parents à épargner de façon constante, souligne Fabien Major, conseiller en sécurité financière. Les parents choisissent combien ils veulent investir dans le régime et conviennent ensuite d'un calendrier de contributions, qu'ils doivent respecter jusqu'à la fin du programme pour avoir droit à tous les avantages, notamment le remboursement des frais de souscription.

«Comme les fonds sont investis dans des portefeuilles sûrs, ceux qui cherchent la paix d'esprit peuvent dormir tranquilles», note M. Major.

Des contraintes à respecter

Cependant, en comparaison avec les REEE autogérés, dans lesquels les parents sont libres de verser les sommes qu'ils veulent, au moment où ils le souhaitent, les règles des fondations semblent contraignantes. Plusieurs parents peuvent être réticents à fixer le montant de leurs contributions pour les années à venir, alors qu'on ne sait pas ce que l'avenir nous réserve. «Les régimes collectifs offrent généralement peu de souplesse. En cas de perte d'emploi ou de baisse de revenus, certains doivent cesser leurs contributions et sont pénalisés, souligne Fabien Major. De plus, on ne peut pas être certain au moment de la naissance de nos enfants qu'ils iront à l'université.»

Si un jeune ne fait pas d'études supérieures, les parents récupèrent les sommes qu'ils avaient investies au départ, mais perdent les frais de souscription et les intérêts accumulés au cours des années. Les subventions reçues des gouvernements fédéral et provincial doivent être remises à l'État.

C'est pour cette raison que certaines fondations, comme Universitas, ont introduit au fil des années d'autres types de régimes qui offrent des bourses aux jeunes qui font des études techniques ou professionnelles. Les bourses sont cependant moins généreuses. Universitas permet aussi de modifier ou de suspendre les contributions, mais certaines pénalités sont alors imposées.

Le versement des bourses est aussi soumis à des règles précises. Chez Universitas, l'étudiant y a droit après avoir terminé un certain de nombre de crédits ou d'heures d'études, et les versements sont établis par la fondation, selon les sommes investies et les rendements obtenus. Alors que dans un REEE individuel, le bénéficiaire a plus de flexibilité pour retirer les sommes accumulées, en fonction de ses besoins, qui peuvent varier au cours de ses années d'études.

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LE PORTRAIT

Madeleine et Sylvain, 59 ans

Parents de quatre enfants de 17 à 23 ans

Dès la naissance de chacun d'entre eux, ils ont souscrit 50 $ par mois par enfant dans des Régimes enregistrés d'épargne-études (REEE) de la Fondation Universitas.

Au total, les parents ont donc investi 10 000 $ dans le REEE de chaque enfant.

LE PROBLÈME

L'aînée de la famille a commencé ses études universitaires en 2008. Au cours des trois années de son baccalauréat, elle a touché les trois bourses auxquelles elle avait droit, pour un total de 18 000 $.

Son frère est entré à l'université en 2010. Dans son cas, les trois bourses totaliseront 13 000 $. La troisième, entrée au baccalauréat en septembre dernier, a touché au début de 2013 sa première bourse, de 3200 $. Elle s'attend à recevoir 10 000 $ au total.

Pour le benjamin de la famille, qui suivra les autres en septembre 2014, les parents se demandent jusqu'où le montant de la bourse aura fondu. «On a investi exactement la même somme pour chaque enfant, pendant la même période, dit Madeleine. Comment expliquer à nos enfants l'inéquité stupéfiante entre des bourses espacées de quatre ans seulement ? Quelle institution peut décemment offrir d'aussi médiocres produits à ses clients investisseurs ? On parle ici d'une chute de 50 % de la valeur de la bourse d'études du fonds Universitas, ce sur quoi on a compté pendant près de 25 ans pour assurer des années d'études confortables pour nos enfants.»

Madeleine est d'autant plus déçue que les frais liés aux études n'ont pas diminué, quant à eux, au contraire. Les projections faites par Universitas au moment de la souscription laissaient entrevoir des rendements beaucoup plus importants, se souvient-elle.

L'EXPLICATION

C'est la chute du rendement des marchés qui explique la diminution des bourses versées, explique Isabelle Grenier, vice-présidente aux affaires corporatives d'Universitas. «Notre portefeuille est surtout investi en obligations, qui offrent une meilleure protection du capital, mais dont les rendements sont moins élevés que les actions, dit-elle. C'est ce qui explique la tendance à la baisse du niveau de nos bourses.»

Depuis 17 ans, soit depuis que Madeleine et Sylvain ont commencé leurs contributions au REEE de leurs enfants, les rendements ont été en moyenne de 5 % par année, indique Mme Grenier.

«Les rendements chez Universitas ne sont pas mauvais, mais à cause de la baisse des marchés, les six dernières années ont été 40 % moins payantes que les premières», souligne le conseiller en sécurité financière Fabien Major.

Si le couple avait choisi des REEE individuels plutôt que collectifs, il aurait pu investir dans des portefeuilles offrant une meilleure croissance, mais les risques auraient été plus grands, note-t-il. Les plans de bourses des fondations comme Universitas demandent des contributions régulières des parents, ce qui assure que le REEE grossira. «Mais on semble avoir affaire à des gens qui auraient eu par eux-mêmes la discipline nécessaire pour faire leurs contributions régulièrement», souligne M. Major.




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