Dans l'univers de plus en plus éclaté des FNB, il n'est pas étonnant que les institutions financières aient lancé dernièrement des formules clé en main. Il s'agit de fonds composés d'une brochette de FNB, disponibles en plusieurs versions répondant à différents profils d'investisseurs: prudent, modéré, audacieux...

Stéphanie Grammond
Stéphanie Grammond LA PRESSE

Au Canada, Claymore offre les CorePortfolio. Pour 0,25% de frais de gestion par année (en plus des frais des FNB sous-jacents), les investisseurs n'ont plus à se soucier de la répartition et du rééquilibrage de leur portefeuille d'indices.

 

De son côté, la famille iShares a mis au monde les Portfolio Builder. Les frais sont de 0,6% à 0,7% (incluant les frais des FNB sous-jacents, ce qui revient environ au même prix que les produits de Claymore).

«Ce sont des produits extrêmement simples qui me semblent très valables pour des investisseurs qui travaillent en solo et qui disposent de montants limités», estime Raymond Kerzérho, de PWL Capital.

En une seule transaction, ces FNB permettent aux investisseurs de capter toutes les forces du marché, en payant facilement quatre fois moins cher de frais que dans un programme clé en main de fonds communs traditionnels.

Les FNB de matières premières: Comme de l'or en barre!

Aux États-Unis, ils ont été la coqueluche du premier trimestre de 2009: les FNB de matières premières, surtout ceux qui permettent d'investir dans l'or. À lui seul, le SPDR Gold Shares a attiré 12 milliards en trois mois, rapporte la publication ETFs in Focus.

Au Canada, les investisseurs peuvent utiliser le iShares CDN Gold Sector Index Fund, qui reproduit le rendement des actions des plus grandes sociétés mondiales productrices d'or. Pour ceux qui préfèrent investir dans de l'or pur, Claymore s'apprête à offrir le Claymore Gold Bullion Trust, qui reflétera la valeur de l'once d'or, en dollars canadiens.

«Si vous voulez acheter de l'or, c'est probablement plus efficace que d'acheter des briques», dit M. Kerzérho. Les commissions sont moindres. Pas besoin de s'assurer, ou de payer des frais de coffre-fort.

Reste à savoir si l'or est un actif qui a sa place dans votre portefeuille. Certains experts y voient une bonne protection contre l'inflation. D'autres estiment qu'investir dans l'or équivaut à jouer aux devinettes.

Notez qu'il existe aussi des FNB sur d'autres matières premières, comme le pétrole ou le gaz naturel.

Les FNB de revenus fixes: À l'abri de l'orage

Les FNB de revenus fixes sont aussi très en vogue. Au Canada, les iShares permettent d'investir dans des obligations de gouvernements, d'entreprises (pour ceux qui veulent tirer profit des taux plus élevés), dans les échéances de plus court terme (pour ceux qui craignent une remontée des taux d'intérêt) et aussi dans les obligations à rendement réel (pour ceux qui veulent se protéger contre l'inflation).

Claymore a riposté avec des produits qui reposent sur une bonne vieille stratégie qui consiste à échelonner des échéances de 1 à 5 ans (Claymore 1-5 year Laddered Government ou Corporate Bond). Mais dans tous les cas, rappelez-vous que les FNB d'obligations ne sont pas garantis. Si les taux d'intérêt remontent, ils peuvent même perdre de la valeur.

Les thèmes porteurs: Au-delà de l'emballage

L'industrie des FNB récupère régulièrement les thèmes d'investissement qui défraient les manchettes, comme l'eau, l'agriculture, les pays émergents BRIC ou les sables bitumineux. Point de vue marketing, ça se vend à merveille.

Mais l'investisseur qui achète ce genre de fonds risque d'être victime d'une mode de courte durée. Prenons les infrastructures qui vont profiter du plan de relance Obama. Il y a longtemps que ce n'est plus un secret pour personne. «Si on est rendu à lancer un FNB en infrastructures, c'est que tout le monde le sait. Donc, ça se reflète dans le prix des actions à la Bourse», estime M. Kerzérho.

Les FNB inversés ou à levier: Quand la loupe brûle

Les FNB à levier sont une autre tendance lourde. Ils permettent de surinvestir, en multipliant le rendement de l'indice, comme avec une loupe. Mais attention, la loupe peut brûler votre portefeuille.

Au Canada, la famille Horizons BetaPro offre une série de FNB Bull et Bear qui procurent le double du rendement (Bull) ou le double de l'inverse du rendement (Bear) de l'indice sous-jacent. Ces produits permettent aux spéculateurs de miser, à la hausse ou à la baisse, sur l'or, le dollar américain, le secteur financier, les marchés émergents, le gaz naturel, le pétrole, etc.

Aux États-Unis, les spéculateurs réclament encore plus d'émotions fortes. La firme MacroMarket, qui allait lancer des FNB à levier portant sur l'indice du prix de l'immobilier résidentiel Case/Shiller, a révisé ses plans. Au lieu de 200%, ses fonds produiront 300% du rendement de l'indice!

Mais les FNB à levier ne sont pas conçu pour la détention à long terme. «Leur rendement sur une période plus longue qu'une journée n'est pas nécessairement le double de l'indice», prévenait en décembre dernier Al Kellett, analyse pour la firme d'évaluation de fonds Morningstar Canada.

Par exemple, le prix de l'or a stagné au cours des 12 derniers mois ("0,8% en date de la fin avril 2009). Sur cette période, la version Bull a pourtant perdu 13%, tandis que la version Bear a baissé de 27%.

La semaine dernière, l'organisme de défense des investisseurs Fair Canada a d'ailleurs fait une sortie contre les FNB à levier, réclamant une meilleure divulgation des risques.