Après avoir passé la campagne électorale à critiquer l'intégrité et le leadership de Gérald Tremblay, Richard Bergeron a tendu la main à son rival, hier. Lors de son bilan des élections municipales, le chef de Projet Montréal a toutefois refusé d'être désigné responsable de la réélection du maire Tremblay.

Mis à jour le 2 nov. 2009
Daphné Cameron LA PRESSE

«Nous ne nous donnons pas le droit de faire perdre quatre années de plus à Montréal simplement parce que nous ne sommes pas au pouvoir», a-t-il déclaré hier après-midi, entouré des candidats élus de sa formation.«Tout dépendra de la couleur que voudra donner Gérald Tremblay à son troisième mandat. S'il veut qu'il ressemble au deuxième, malheureusement, on ne pourra que s'y opposer. Mais s'il souhaite partir la tête haute dans quatre ans, s'il va dans des directions que nous souhaitons, à ce moment-là, nous allons l'aider à aller dans cette direction. C'est comme cela que nous concevons notre rôle.»

Richard Bergeron a récolté près de 25% des voix dimanche, la chef de Vision Montréal, Louise Harel, 32%, et Gérald Tremblay, 38%.

Le leader de Projet Montréal s'est toutefois défendu d'avoir divisé le vote.

«Je n'accepte aucune responsabilité dans le troisième mandat de Gérald Tremblay. C'est la population qui a décidé, ma foi, il va falloir vivre avec pendant quatre ans.»

Richard Bergeron s'est également montré tiède à l'idée d'une possible ingérence du gouvernement provincial dans le processus d'adjudication des contrats à l'hôtel de ville.

Hier, le ministre des Affaires municipales, Laurent Lessard, a indiqué qu'il avait l'intention d'établir des processus plus contraignants dans l'attribution des contrats dans les municipalités afin d'éviter la collusion. Québec n'entend pas mettre Montréal en tutelle, mais la métropole aura «à faire des gestes additionnels», a-t-il souligné, sans toutefois préciser ses intentions.

«Laissez-nous le temps de montrer qu'on est capables de faire notre ménage nous-mêmes. Attendez de voir s'il y a une volonté de la part de Gérald Tremblay... Alors, ne nous mettez pas en tutelle», a-t-il indiqué.

«Si cela (une ingérence du gouvernement) se produit, c'est une honte. Si j'étais devenu maire de Montréal, ce serait bien la dernière chose que je souhaiterais.»

Au cours de la campagne, Richard Bergeron a indiqué qu'il formerait un conseil exécutif composé de membres des trois partis élus. Il n'a toutefois pas fait cette demande à Gérald Tremblay hier.

Balayage sur le Plateau-Mont-Royal

Projet Montréal a véritablement arraché la victoire à ses opposants dimanche dans les districts du Plateau-Mont-Royal. Les candidats de la formation politique ont raflé tous les sièges de conseillers de la ville et d'arrondissement ainsi que le poste du maire d'arrondissement.

Richard Bergeron a affirmé hier qu'il était confiant de remporter tous les sièges du Plateau depuis dès l'hiver dernier. Il espère pouvoir se servir de cette victoire écrasante pour démontrer les forces du programme de Projet Montréal une fois celui-ci appliqué.

Luc Ferrandez, élu maire d'arrondissement, a abondé dans son sens. «Je suis de nouveau en amour avec le Plateau-Mont-Royal ce matin», a-t-il lancé.

«On veut démontrer que cela va être possible à l'échelle d'un quartier de faire des grands changements environnementaux et humanistes avec les pouvoirs de l'arrondissement, avec les délais de quatre ans, avec les budgets dont on dispose», a-t-il affirmé.