Bien qu'il souhaite rendre le processus d'évaluation environnementale plus « efficient » et « pratique », le nouveau ministre de l'Environnement a défendu mercredi sa décision de mener deux études distinctes sur un vaste projet de gazoduc débouchant sur un terminal portuaire au bord du Saguenay.

Mis à jour le 16 janv. 2019
MARTIN CROTEAU LA PRESSE

À son premier point de presse depuis son assermentation, Benoit Charette a assuré que l'examen en deux volets du mégaprojet servira l'intérêt public. Et ce, même s'ils sont tous deux pilotés par des sociétés-soeurs.

« En ayant deux études, la population aura l'occasion à deux moments bien distincts de faire valoir son point de vue, a souligné M. Charette. Donc, ultimement, on risque d'avoir un meilleur projet avec deux études qu'une seule. »

L'entreprise Gazoduq souhaite construire une canalisation de 750 kilomètres qui traverserait l'Abitibi-Témiscamingue pour desservir un terminal près de Saguenay. Son premier actionnaire est la société GNL Québec, qui souhaite justement bâtir le port méthanier.

Selon des environnementalistes et les partis de l'opposition, cela signifie qu'il y a, en fait, un seul promoteur. Selon eux, l'évaluation serait plus rigoureuse si les deux volets du projet étaient étudiés simultanément.

Mais les deux volets du projet sont « bien distincts », a rétorqué Benoit Charette. Leurs impacts sur l'environnement sont différents.

Le ministre assure qu'il ne s'agit pas d'une manière de faciliter l'approbation du projet, bien au contraire. Si, au terme du processus, l'un ou l'autre des volets est rejeté, ce sera le problème du promoteur, a-t-il dit.

« C'est ce qui est formidable avec l'approche qu'on retient, c'est que le promoteur aura de la pression pour augmenter les mérites de son projet », a dit M. Charette.

Le ministre a par ailleurs affirmé que l'étude environnementale tiendra compte des émissions de gaz à effet de serre (GES) générées par le projet, y compris celles qui sont produites lors de l'extraction du gaz naturel dans l'Ouest canadien.

« Ça va faire partie de l'évaluation et de l'examen environnemental », a-t-il dit.

L'automne dernier, le premier ministre François Legault a qualifié le projet de Gazoduq de « très intéressant ».

« Efficient » et « pratique »

Benoit Charette s'est donné trois priorités comme ministre de l'Environnement. Il souhaite réformer la gestion du Fonds vert, dont plusieurs programmes ont été critiqués au cours des derniers mois. Il souhaite aussi améliorer la gestion des matières résiduelles et, enfin, il souhaite rendre le processus d'évaluation environnementale plus efficace.

« On ne veut pas abaisser les critères, bien au contraire, a dit M. Charette. On veut faire en sorte que le processus soit plus efficient, plus pratique. Il y a beaucoup de promoteurs, beaucoup de municipalités, qui déplorent les délais actuels. »