Gazoduq, une nouvelle entreprise qui veut amener du gaz naturel de l'Ouest jusqu'au Saguenay, et Énergie Saguenay, qui veut liquéfier ce gaz pour l'exporter sur les marchés internationaux, ont l'intention d'investir 14 milliards de dollars canadiens au Québec pour réaliser leur projet.

HÉLÈNE BARIL LA PRESSE

Le projet de Gazoduq, essentiel à la réalisation du projet Énergie Saguenay, démarre officiellement aujourd'hui. Il prévoit la construction d'une conduite souterraine de 750 kilomètres entre l'Ontario et le Québec, selon un tracé qui reste à définir dans la partie nord du territoire, entre Rouyn-Noranda et Saguenay. Coût estimé du projet : 3,4 milliards US ou 4,5 milliards de dollars canadiens.

« Notre souhait est de mettre en place un projet qui génèrera des retombées positives pour le Québec, l'Ontario et le Canada, en plus de contribuer à la réduction de l'utilisation de charbon et de mazout dans le monde », explique le président de Gazoduq, Louis Bergeron.

La nouvelle conduite acheminerait le gaz naturel de l'Ouest canadien à partir d'un gazoduc existant dans le nord de l'Ontario jusqu'à Saguenay, au Québec, où le gaz serait liquéfié et embarqué sur des navires spécialisés pour desservir l'Europe, qui veut réduire sa dépendance du gaz russe, et l'Asie où la demande d'énergie est croissante.

L'usine de liquéfaction serait alimentée par Hydro-Québec, pour diminuer son empreinte écologique. Le gouvernement du Québec a déjà accepté de réserver un bloc de 550 mégawatts à cette fin, soit autant d'énergie que pour une nouvelle aluminerie.

La construction de l'usine de liquéfaction, de trois réservoirs de stockage et d'un terminal maritime nécessiterait un investissement de 7,2 milliards US (9,5 milliards de dollars canadiens). Au total, le projet initié par des investisseurs américains et connu sous le nom de GNL Québec représente des investissements de près de 11 milliards  US ou 14 milliards dollars canadiens.

Les promoteurs derrière le projet sont deux investisseurs américains, Jim Illich, un ancien dirigeant de Bechtel qui a fondé la firme d'investissement Freestone International, et Jim Breyer, de Breyer Capital.

Le projet GNL Québec chemine depuis 2014. Son financement devrait être assuré par des contrats à long terme conclus avec des partenaires canadiens et étrangers, comme les producteurs de gaz naturel canadiens et les utilisateurs européens.

Si tout se passe comme prévu, la construction du gazoduc commencerait en 2022 et l'usine de liquéfaction ferait ses premières livraisons de gaz en 2025. Il est prévu que trois à quatre navires par semaines remontent le Saguenay pour faire le plein au port de la ville de Saguenay.

En plus des retombées économiques pendant la période de construction, le projet promet la création de 250 à 300 emplois directs à l'usine et le développement d'une expertise dans la production et le transport du gaz naturel liquéfié.