Deux mairesses exclues de Projet Montréal qui ont depuis fondé leurs propres formations politiques ont appelé, mercredi, à voter pour des « partis locaux » le 7 novembre, afin de corriger le « sous-financement historique » de plusieurs quartiers « marginalisés ».

Publié le 3 nov. 2021
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« Nos arrondissements sont les deux plus populeux de l’île, et pourtant, ils reçoivent moins de financement que les arrondissements », a expliqué la mairesse sortante de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce et cheffe du parti Courage, Sue Montgomery, lors d’une conférence devant l’hôtel de ville en matinée.

À ses côtés, la mairesse sortante de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension et cheffe de Quartiers Montréal, Giuliana Fumagalli, a martelé que la solution à ce « déficit » est de voter « pour des partis locaux », qui connaissent les enjeux du quotidien. « Ça fait quatre ans qu’on voit des partis comme l’équipe de Manon Barbe à LaSalle et Luis Miranda à Anjou. Et on voit qu’ils réussissent vraiment à revendiquer des enjeux pour leur population », a-t-elle soulevé.

D’emblée, « il y a un sous-financement historique qui doit être corrigé, surtout que nos quartiers sont parmi les plus pauvres et marginalisés de Montréal », affirme Sue Montgomery. « Ça doit changer. On pense qu’avec nos partis indépendants, on pourra travailler avec l’administration pour avoir davantage », a-t-elle dit à ce sujet.

Un passé politique

Au-delà de leurs prises de position, les élues sont toutes deux d’anciennes membres de Projet Montréal, le parti de la mairesse sortante Valérie Plante. Giuliana Fumagalli avait été exclue en 2018 après des plaintes sur son comportement au travail.

Sue Montgomery, elle, a été écartée du parti l’an dernier après avoir refusé d’appliquer les recommandations du contrôleur général dans un dossier de harcèlement psychologique. Le dossier a d’ailleurs plongé le clan Montgomery et le clan Plante dans une longue saga judiciaire, qui a déjà coûté plus de 600 000 $ aux contribuables.

« Je vais travailler avec n’importe qui. Je ne donnerai pas de conseil [aux électeurs] pour voter pour une personne ou une autre », s’est contentée de répondre Mme Montgomery mercredi, alors qu’elle était interrogée à savoir quelle était son analyse de l’affrontement entre Valérie Plante et Denis Coderre.

Les deux mairesses d’arrondissement ont d’ailleurs esquissé un sourire quand la possibilité d’une fusion entre leurs deux formations a été brièvement soulevée, soulignant toutefois que ce n’est pas l’intention. « On aime ça, travailler ensemble », a néanmoins offert Mme Fumagalli. « On peut quand même avoir des alliances entre nous, entre les arrondissements », a aussi dit Mme Montgomery.

Christine Gosselin, conseillère municipale de Rosemont–La Petite-Patrie qui avait aussi annoncé son départ de Projet Montréal l’an dernier en dénonçant la « gestion rétrograde et autoritaire » de Valérie Plante, était également présente lors de ce point de presse.

« Les arrondissements que tous ces candidats représentent, ce sont environ 325 000 habitants. Dans les deux cas, ce sont des géants qui dorment. Ce qui est important de faire pour Montréal, c’est là que ça se passe », a-t-elle expliqué en offrant son soutien au principe de gouvernance locale.

Pour Sue Montgomery, il s’agissait d’une deuxième sortie en deux semaines. Fin octobre, elle avait dévoilé sa plateforme électorale, avec comme engagement-phare son intention de faire pression sur Québec pour diviser son arrondissement en deux. Elle affirme qu’une scission entre les districts de Côte-des-Neiges et de Notre-Dame-de-Grâce permettrait d’« offrir de meilleurs services aux citoyens ». Elle compte profiter des élections provinciales en vue pour faire pression sur le gouvernement Legault en ce sens.