Montréal pourrait imiter Stockholm en installant des terrasses chauffées pendant l’hiver, ont souhaité jeudi les deux principaux candidats à la mairie de la ville, Valérie Plante et Denis Coderre, à l’occasion d’un premier face-à-face axé sur le tourisme. Ils ont aussi dépeint la métropole de façon diamétralement opposée.

Nathaëlle Morissette
Nathaëlle Morissette La Presse

« J’ai toujours été impressionné par les terrasses chauffantes du côté de Stockholm, a affirmé M. Coderre, chef d’Ensemble Montréal, à l’issue d’un débat organisé par Tourisme Montréal. Assumer sa nordicité, c’est une bonne chose. C’est aussi de donner des outils supplémentaires aux restaurateurs qui vont pouvoir aussi avoir une saison qui peut s’allonger. »

Selon lui, les terrasses hivernales donneraient un « cachet » à la ville. « Quand on vient à Montréal, c’est pour le fun », a-t-il dit, ajoutant dans la foulée qu’avec cette initiative, il n’y aurait pas de « saison morte ».

M. Coderre songe même, avec la possible présence de terrasses, à remettre sur le tapis son idée de trottoirs chauffants pour faciliter le déneigement.

La cheffe de Projet Montréal et actuelle mairesse croit également que l’idée de s’attabler à l’extérieur au-delà de la saison estivale serait une bonne chose, notamment pour relancer le centre-ville, durement éprouvé par la pandémie. « Ça fait partie de notre plateforme, cet hiver on fait un projet pilote avec des restaurateurs pour avoir dans deux secteurs des terrasses l’hiver, a-t-elle affirmé. Il faut quand même évaluer la question du déneigement. »

Elle n’écarte pas l’idée que des terrasses chauffées puissent ensuite apparaître dans d’autres arrondissements. « [Le projet pilote], c’est ce qui va nous permettre, après ça, d’aller plus loin. Je pense qu’il va y avoir de l’intérêt. »

La propreté de la ville

S’ils s’entendent pour allonger la saison des restaurateurs, les deux candidats dépeignent la ville de façons bien différentes. Au cours du débat, M. Coderre a affirmé à plusieurs reprises que Montréal était « sale » et que la métropole avait « besoin d’amour ».

« De mettre ça de l’avant, qu’il y a une réalité de sécurité et de propreté, c’est juste de démontrer qu’il faut s’en occuper, a-t-il ensuite précisé devant les journalistes. Est-ce que les autres s’en sont occupés ? C’est comme si vous receviez du monde chez vous, mais que vous ne faisiez pas le ménage, vous seriez un peu gênés. »

« Denis Coderre, en voulant m’attaquer, s’attaque à Montréal, a répliqué Valérie Plante. Il dénigre Montréal, il dénigre les acteurs qui, depuis 18 mois, travaillent comme des fous, s’inquiètent pour la ville, travaillent pour sa relance pour qu’on reprenne notre souffle », a-t-elle dit en accusant son adversaire de mener une « campagne négative ».

En ce qui concerne Airbnb, Denis Coderre estime qu’il faut trouver un « équilibre » parce que « l’économie du partage fait partie de notre vie ». Valérie Plante, de son côté, rappelle que c’est Québec qui légifère dans ce dossier. « C’est sûr qu’il y en a trop. C’est le gouvernement du Québec qui légifère sur les Airbnb, c’est eux qui doivent déployer les inspecteurs, c’est eux qui doivent donner les contraventions. C’est sûr qu’il faut continuer à talonner [les contrevenants]. »

En organisant ce débat, Tourisme Montréal a présenté « 24 actions » pour relancer l’industrie touristique. Ces propositions vont de l’agrandissement du Palais des congrès au développement d’un circuit de transports en commun entre les quartiers.