« Après tout ce qu’on a enduré toute l’année, la vague de chaleur ne nous fait pas peur. »

John Ngala
John Ngala La Presse

À l’école Arc-en-ciel, dans le Plateau Mont-Royal, les enfants de la classe de Leïla Alice Arabi ont passé beaucoup de temps dehors. La vague de chaleur qui frappe le Québec a changé l’horaire des cours.

« Je ne vais pas les garder dans les classes. On va faire des activités plus relaxes : lecture dehors, aller au parc, aller aux jeux d’eau ou relaxer toute la journée, couchés sur des tapis », dit-elle.

À l’intérieur, Mme Arabi fonctionne autrement aussi. Elle explique que tous les enfants ont leur bouteille et ont accès à l’eau en tout temps. Durant le cours, l’enseignante ouvre les fenêtres et baisse les stores pour ne pas avoir trop de soleil.

Chaleur extrême

Une poussée de chaleur extrême touche le Québec jusqu’à mercredi matin. « Les températures maximales dépasseront 30 degrés Celsius et l’humidex atteindra des valeurs près de 40 », selon une alerte diffusée par Environnement Canada.

En vue de combattre cette première canicule de la saison, la Ville de Montréal est en mode alerte — un plan d’intervention prévoyant des consignes de sécurité et permettant aux Montréalais de se rafraîchir grâce à des jeux d’eau et à des îlots de fraîcheur est déployé.

Dans un autobus de la Société de transport de Montréal stationné devant le métro Laurier, l’écran protecteur vitré — qui distancie les usagers du chauffeur, en ces temps de COVID-19 — évoque « un aquarium » où il fait « trop chaud », selon Pierre Paul, chauffeur d’autobus depuis deux ans.

M. Paul s’est habitué à la chaleur, même au volant d’un bus sans climatisation. La ligne qu’il dessert, la 51, est l’une des plus achalandées à Montréal.

« Des fois, on a des bus climatisés, d’autres fois, on n’en a pas ; celui que j’ai présentement, il n’est pas climatisé. Donc, il faut s’hydrater souvent. On amène deux ou trois bouteilles d’eau, des rafraîchissements », précise-t-il.

Le travail d’équipe s’impose

Maxime Saint-Jean-Marcotte manipule des parcomètres et des bornes de paiement à longueur de journée. Mécanicien pour la Ville de Montréal, l’homme de 31 ans se promène avec d’autres outils essentiels depuis le début de cet épisode caniculaire.

« Crème solaire, eau, ombre, chapeau sur la tête, puis s’hydrater. J’ai travaillé pendant 12 ans en construction sur des buildings de 20 étages… Il n’y a rien d’autre à faire que de s’hydrater », ajoute-t-il.

Selon M. Marcotte, pour combattre cette humidité intense, le travail d’équipe s’impose. Comme il parcourt la ville avec son collègue, il prévoit alterner avec celui-ci « l’ouvrage qui est plus difficile ».

Même son de cloche pour Mathieu Houle, technicien en arpentage. Il travaille en tandem avec son partenaire pour éviter les coups de soleil. Le jeune homme de 17 ans peut passer « deux, trois heures » debout.

« Quand l’autre est au soleil, je peux me mettre à l’ombre. On essaye le plus possible, à chaque 15 à 20 minutes, d’aller prendre une gorgée d’eau pour rester calmes. »

« C’est moins pire que ceux qui font le goudron sur les toits, relativise M. Houle. C’est vraiment horrible pour eux autres. »