L’opposition à l’administration Plante au conseil municipal de Montréal déposera ce lundi une pétition appuyée par 18 000 signataires qui s’inquiètent du recul du français dans la métropole.

Philippe Teisceira-Lessard
Philippe Teisceira-Lessard La Presse

Du même souffle, Ensemble Montréal obligera l’hôtel de ville à se prononcer sur la création d’un « Conseil montréalais de la langue française », un projet inclus dans la pétition.

« Trois études récentes (une en août 2020 et deux en mars 2021) de l’Office québécois de la langue française ont enregistré et projeté un déclin du français comme langue commune, notamment comme langue de travail à Montréal », fait valoir la motion de l’opposition, qui sera présentée par Hadrien Parizeau.

Le Conseil pourrait « conseiller les élus de Montréal, et mener des études sur des questions d’intérêt visant la langue française à Montréal », illustre M. Parizeau dans sa proposition. Par exemple, « étudier le phénomène de l’exode urbain des francophones et l’attrait touristique et économique du français à Montréal ».

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Hadrien Parizeau, conseiller indépendant d’Ahuntsic-Cartierville

En entrevue, le conseiller municipal – qui a récemment rejoint Denis Coderre après un passage dans l’administration municipale – va encore plus loin. « Nous avons un devoir d’agir avant qu’il ne soit trop tard. Montréal est une métropole francophone et doit le rester, a-t-il dit. Un plan d’action sans mesure structurante et qui ne respecte pas la volonté d’agir d’autant de Montréalaises et de Montréalais est nettement insuffisant. »

La pétition, lancée par trois femmes, distribue le blâme de façon plus large. « Les administrations successives se sont montrées peu enclines à garantir la pérennité du français à Montréal, se dérobant à la responsabilité qui leur incombe, indique-t-elle. Trop souvent, l’administration adresse d’emblée ses communications en français et en anglais, comme si Montréal était une ville bilingue. »

Des critiques envers Plante

Depuis le début de son mandat, Valérie Plante a dû essuyer de nombreuses critiques de défenseurs du français qui estiment que son administration n’est pas assez énergique pour défendre la langue officielle du Québec.

La semaine dernière, juste avant le dépôt du projet de loi sur la réforme de la loi 101, la mairesse défendait son bilan en la matière.

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Valérie Plante, mairesse de Montréal

« On est la première administration municipale qui présente un plan d’action – ça ne s’était jamais fait à Montréal – parce qu’on reconnaît l’importance de préserver, de valoriser la langue française », disait-elle en mêlée de presse.

Jeudi, jour du dépôt du projet de loi, la mairesse a réagi de façon positive au plan mis de l’avant par le gouvernement Legault. « À titre de seule métropole francophone des Amériques, Montréal sera une alliée de la Loi 101 et de sa réforme, indiquait le communiqué qu’elle a publié. Le projet de Loi déposé aujourd’hui renforce les outils mis en place par la Ville pour assurer la pérennité du français à Montréal. »