Saura-t-il représenter la troisième voie dans la course à la mairie de Montréal, en se faufilant entre Valérie Plante et Denis Coderre ? C’est en tout cas ce que souhaite Marc-Antoine Desjardins en annonçant, ce lundi, sa candidature au poste de maire de la métropole.

Isabelle Ducas
Isabelle Ducas La Presse

L’avocat de 45 ans, à la tête du parti Ralliement pour Montréal, se présente avec une équipe qu’il dévoilera bientôt.

Ralliement pour Montréal a été fondé en janvier dernier par Félix-Antoine Joli-Cœur. Moins d’un mois plus tard, le parti annonçait qu’il se séparait de son chef, remplacé par Marc-Antoine Desjardins. M. Joli-Cœur a alors formé un nouveau parti, Engagement pour Montréal, avant de se retirer de la course à la mairie, le mois dernier.

Marc-Antoine Desjardins n’en est pas à sa première campagne électorale : en 2019, lors d’une élection partielle, il a été candidat à la mairie du Plateau-Mont-Royal pour le parti Vrai changement pour Montréal, l’ancien parti de la ministre Mélanie Joly, et en 2017, il avait tenté de se faire élire comme conseiller municipal avec l’équipe de Denis Coderre.

Pourquoi est-il maintenant candidat pour un nouveau parti ? Il dit souhaiter mettre fin à la polarisation qui règne en politique municipale.

On a la ferme conviction qu’on va réaliser le défi de changer pour le mieux le visage de la politique montréalaise, le rendre plus humain, mais surtout connecter sur les besoins des gens, sans idéologie, sans polarisation et sans chicanes.

Marc-Antoine Desjardins, candidat à la mairie de Montréal

Selon lui, beaucoup de citoyens ont été déçus de l’administration de Valérie Plante, et ne sont pas non plus nostalgiques du règne de Denis Coderre à la tête de la ville.

« On veut amener quelque chose qui va pouvoir réconforter les gens, qu’ils circulent en voiture ou à vélo, assure-t-il. On n’aime pas voir les politiciens essayer de faire du millage sur des enjeux comme l’environnement ou la mobilité, en diabolisant l’autre. Et je crois que beaucoup de citoyens sont aussi tannés de ce jeu de polarisation. »

Marc-Antoine Desjardins aimerait voir plus souvent les politiciens s’entendre sur certains enjeux importants qui contribuent à la qualité de vie des Montréalais, et est ouvert à former des coalitions avec d’autres partis dans certains arrondissements.

« Pas juste des festivals et du béton »

Le candidat n’a pas encore dévoilé les détails de son programme, mais il révèle cependant qu’il entend se démarquer en proposant aux électeurs une « nouvelle donne verte » (Green New Deal), « qui va rallier à l’économie des enjeux environnementaux, d’une façon que Montréal n’a jamais connue », dit-il.

Il misera aussi sur l’essor des arrondissements, confie-t-il. « Pour nous, la métropole, ce n’est pas juste des festivals et du béton. C’est surtout le foisonnement de la qualité de vie citoyenne dans les arrondissements », insiste-t-il.

Outre ses deux campagnes électorales municipales, Marc-Antoine Desjardins n’a pas d’expérience politique. Il est avocat, spécialisé dans les causes de victimes d’accidents de la route qui poursuivent la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ). Saura-t-il faire le poids face à deux politiciens aguerris ?

M. Desjardins répond qu’il y a de la place en politique, selon lui, pour des personnes provenant de tous les horizons, et que ce n’est pas la joute politique qui l’intéresse, mais le service aux citoyens.