(Québec) La Caisse de dépôt et placement rejette l’idée de prolonger le Réseau express métropolitain (REM) jusqu’à Chambly et Saint-Jean-sur-Richelieu, un tronçon de 22 kilomètres que le gouvernement Legault avait promis en campagne électorale, a appris La Presse.

Publié le 9 févr. 2021
Tommy Chouinard
Tommy Chouinard La Presse

On a révélé la semaine dernière que la Caisse a envoyé au gouvernement Legault un « signal positif » en faveur d’un autre prolongement de son réseau de train électrique, à Laval et à Longueuil. Or, il n’est pas question pour elle de prolonger le réseau vers Chambly et Saint-Jean-sur-Richelieu, une idée que le gouvernement Legault lui avait également demandé d’étudier.

Le cabinet du ministre des Transports, François Bonnardel, a confirmé à La Presse que la Caisse « ne recommandait pas la poursuite du projet ».

« Selon ses analyses, le projet n’est pas viable », ajoute le cabinet. « Il n’entraîne pas de gain de temps pour les usagers par rapport au temps de parcours en autobus. Il ne rencontre pas les exigences du modèle économique de la Caisse, notamment en matière d’achalandage. » Par conséquent, « le gouvernement n’ira pas de l’avant avec le REM vers Chambly ».

Québec avait donné le mandat à la Caisse, en mai 2019, d’étudier un prolongement vers le sud, à partir de la station Brossard, au carrefour des autoroutes 10 et 30 — l’une des trois stations du REM situées sur la Rive-Sud dont la mise en service est prévue en 2022.

Québec voulait que cette antenne se rende jusque dans le secteur de Chambly et de Saint-Jean-sur-Richelieu, en empruntant principalement l’axe de l’autoroute 10.

La Coalition avenir Québec (CAQ) avait promis ce prolongement du REM en campagne électorale. Elle l’avait inscrite à son « Plan de décongestion » de la région métropolitaine. Le parti de François Legault imaginait alors l’ajout de trois stations.

C’était une priorité du gouvernement : le projet a été ajouté rapidement au Plan québécois des infrastructures. Il a même été inscrit à la liste des projets placés sur une voie rapide de réalisation, en vertu de la Loi concernant l’accélération de certains projets d’infrastructure (projet de loi 66), adoptée en décembre.

D’autres options pour la région

Avec le refus de la Caisse, Québec est forcé de se rabattre sur d’autres options pour décongestionner le secteur et améliorer l’efficacité du transport collectif.

Il permettra à court terme la circulation des autobus sur l’accotement de l’autoroute 10 en direction est, entre les autoroutes 30 et 35. Il y aura plus tard l’aménagement d’une voie réservée sur l’autoroute 10 dans les deux directions, toujours entre la 30 et la 35.

En décembre, le gouvernement Legault et la Caisse ont annoncé le lancement d’une phase 2 du REM, un prolongement dans l’est de Montréal qui fait aussi partie des engagements électoraux de la CAQ. Il s’agit d’un projet estimé à 10 milliards de dollars, avec l’ajout de 32 kilomètres et de 23 stations. On espère attirer 133 000 passagers par jour. Le début des travaux de construction doit avoir lieu en 2023 et la mise en service, en 2029.

Annoncé en 2016, le REM est en construction depuis 2018. Sa première phase compte 26 stations et s’étend sur 67 km, avec quatre antennes reliées au centre-ville de Montréal. Les premiers départs du train électrique auront lieu l’an prochain sur l’antenne de la Rive-Sud, qui relie Brossard à la gare Centrale. Les coûts totaux de cette première phase se chiffrent à près de 7,5 milliards.