Deux conseillers municipaux de Laval font une deuxième volte-face politique en deux ans. Michel Poissant et Daniel Hébert viennent d’annoncer leur départ du parti Action Laval afin de siéger désormais comme indépendants au conseil municipal.

Kathleen Lévesque Kathleen Lévesque
La Presse

Par voie de communiqué, les deux élus expliquent que « depuis quelques mois, la vision de leur nouveau parti ne permet plus d’accomplir leur travail dans le respect de leurs convictions ». Daniel Hébert a indiqué qu’il se sentait « à l’étroit dans la gestion et l’orientation politique du parti » Action Laval. Michel Poissant qui agissait comme porte-parole d'Action Laval au conseil municipal, a notamment souligné que « la transparence et l’intégrité sont des valeurs non négociables ».

Le chef d'Action Laval, Achille Cifelli, a réagi promptement. « On a toujours été honnêtes et transparents. C'est insultant », a-t-il dit avant d'ajouter : « Michel voulait être couronné comme chef et il y avait de la résistance dans le parti. »

MM. Poissant et Hébert avaient joint les rangs d’Action Laval en mars 2019, moins d’un an après avoir quitté le parti du maire Marc Demers, le Mouvement Lavallois. Les deux hommes sont parmi les 10 élus dissidents de l’équipe Demers, qui avaient remis en question l’intervention de M. Demers dans le résultat d’une élection interne au Mouvement Lavallois. Rapidement, le chef du parti et maire de Laval avait réussi à ramener au bercail suffisamment d’élus pour ravoir la majorité au conseil municipal.

En mars dernier, M. Poissant était aux côtés de son collègue David De Cotis lorsque celui-ci a nié en bloc les allégations de trafic d’influence qui pèsent contre lui dans deux dossiers distincts. M. De Cotis a fait l’objet d’un signalement auprès du Bureau d’intégrité et d’éthique de Laval (BIEL) de la part de la Société de transport de Laval (STL) alors qu’il aurait tenté d’user de son influence pour l’octroi de contrats. De plus, il serait intervenu dans un dossier de développement immobilier, ce qui aurait été soumis à l’attention de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) et de la Commission municipale du Québec.

Action Laval constitue la deuxième opposition à l’hôtel de ville. C’est le Parti Laval avec deux conseillers municipaux, Michel Trottier et Claude Larochelle, qui occupe la fonction d’opposition officielle.