Les jardiniers urbains attendaient cette information avec impatience. La mairesse Valérie Plante a annoncé que les jardins communautaires ouvriraient progressivement à compter du 4 mai, sur une période de deux semaines. D’autres mesures touchant à la sécurité alimentaire ont également été révélées.

Ève Dumas Ève Dumas
La Presse

« Rien ne sera toutefois laissé au hasard et nous nous assurerons que les jardins communautaires demeurent des endroits sécuritaires et que les directives de santé publique y soient appliquées rigoureusement », a déclaré la mairesse de Montréal.

L’accès aux jardins sera contrôlé par l’instauration d’horaires. Les jardiniers devront apporter leurs propres outils et porter des gants. Les surfaces fréquemment touchées et les espaces communs seront nettoyés régulièrement et du matériel désinfectant sera offert. Des surveillants seront embauchés afin de rappeler les consignes et les recommandations de santé publique.

Selon le protocole d’accès suggéré par un jardin dans le sud-ouest de la ville, fourni à La Presse par une jardinière, les membres pourraient par exemple avoir accès à leur jardinet une fois par semaine, pendant 90 minutes. Mais rien n'est confirmé encore. Les responsables de jardins en sauront davantage au cours des jours à venir.

Seuls les cultivateurs urbains inscrits l’année dernière à l’un des 97 jardins de Montréal auront accès à leur potager, les nouvelles inscriptions n’étant pas acceptées. Les paiements sont reportés à la réouverture des bureaux Accès Montréal.

Une sécurité alimentaire augmentée

On apprenait du même coup que le Jardin botanique de Montréal doublera sa production de fruits et de légumes cet été, avec un hectare complet en culture. Ces produits maraîchers seront remis à des organismes communautaires qui s’occuperont de les distribuer aux plus démunis. Par le biais de capsules, le Jardin accompagnera également les pouces verts qui souhaitent démarrer, entretenir et/ou améliorer leur potager à domicile.

Au parc agricole du Bois-de-la-Roche, à Sainte-Anne-de-Bellevue, le projet Cultiver l’espoir augmente pour sa part de 35 % la surface cultivée par rapport à l’an dernier, pour atteindre les neuf hectares. Voilà qui fera encore plus de légumes racines pour distribution dans les cuisines des différentes communautés culturelles de Montréal.

Afin de favoriser encore plus l’essor de l’agriculture urbaine, la Ville de Montréal octroie un soutien financier de 45 000 $ à Cultiver Montréal. Cette somme permettra à l’organisme de développer une version virtuelle de ses deux événements (le Festival Cultiver Montréal et les Rendez-vous des agricultures montréalaises) et d’offrir un service de livraison à domicile de semis et de matériaux nécessaires à la production alimentaire domestique, dans une dizaine d’arrondissements.

Il semble que l’autosuffisance alimentaire et l’agriculture urbaine soient plus que jamais au cœur des préoccupations de la Ville de Montréal. L’administration dévoilera en cours d’année une vision intégrée de l’agriculture sur son territoire.