L’administration de Valérie Plante laisse tomber aux oubliettes un vieux programme de rénovation pour créer « Réno logement abordable ». Le nouveau programme vise à atteindre les cibles de sa Stratégie de développement de 12 000 logements sociaux et abordables d’ici 2020.

Sara Champagne Sara Champagne
La Presse

« On est en mode rattrapage à ce niveau. Le vieux programme date de 20 ans, il n’avait jamais été mis à jour », a expliqué la mairesse de Montréal avant d’en dévoiler les détails, lundi matin, lors d’un point de presse à l’hôtel de ville.

Le programme revampé sera en vigueur au mois d’avril. Il vise les immeubles de 6 logements ou plus et de 5 étages et moins. Surtout, ajoute-t-on, il vise à favoriser l’accès à des logements abordables de qualité.

Afin d’obtenir une subvention, le tiers des logements devra être loué à un prix abordable, c’est-à-dire sous le prix moyen du logement dans l’arrondissement. Les travaux admissibles devront être identifiés par la Ville de Montréal comme étant des composantes « dégradées ou détériorées » lors de l’inspection du bâtiment, a-t-on aussi expliqué.

« Vous le savez, la mixité est très importante pour moi, et on doit tout mettre en œuvre pour la conserver. Le nouveau programme a été créé pour remédier à la pénurie de logements abordables, à la détérioration du parc locatif et à l’insalubrité », a affirmé la mairesse Plante.

Consciente que des rénovations peuvent servir à faire gonfler le prix locatif, la Ville de Montréal s’engage via son nouveau programme à informer les locataires de leurs droits et du montant des subventions obtenues par le propriétaire de l’immeuble. On explique que ça permettra de contester toute augmentation de loyer abusive.

Mais surtout, a assuré Valérie Plante, les propriétaires qui ne respecteront pas les règles devront rembourser les subventions reçues.

« Il faut des mécanismes pour distinguer les rénovations des réno-fictions », a-t-elle illustré.

Selon la nature des travaux acceptés, la subvention pourra varier d’un maximum de 14 000 $ par logement, jusqu’à un plafond de 500 000 $ par bâtiment. Les demandes pour remplacer de vieilles conduites d’eau en plomb et des systèmes de chauffage au mazout seront admissibles au programme. La Ville entend aussi privilégier des travaux pour assurer la pérennité des immeubles, par exemple pour enrayer la vermine, les moisissures.

Au total, l’enveloppe du programme est évaluée à environ 3,5 millions. Il comprend aussi différentes exigences pour favoriser la transition écologique (isoler mieux, déminéraliser le terrain.)