Montréal insiste : la Ville veut pouvoir rouvrir le Jardin botanique. Pendant que l’administration Plante réclame des concessions du gouvernement Legault, ce dernier refuse de procéder pour l’instant, en soutenant que les risques de rassemblements sont « trop élevés ».

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

« Les Montréalais ont besoin d’espace pour prendre l’air et bouger, spécialement en ces temps difficiles. Donnons leur accès à leur Jardin Botanique », a martelé la mairesse Valérie Plante, sur sa page Twitter en début de soirée.

Son attachée de presse, Geneviève Jutras, précise que l’ouverture du Jardin botanique pourrait être une excellente façon « de diminuer la pression sur le parc Maisonneuve », que plusieurs personnes fréquentent quotidiennement depuis le début de la pandémie de COVID-19.

On est en discussions avec le gouvernement. Pour l’instant, on n’a pas de oui, donc on poursuit nos représentations.

Geneviève Jutras, attachée de presse de Valérie Plante

Appelé à réagir, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) se dit conscient que la situation est « difficile » pour la population. Mais Québec n’a pas l’intention de modifier ses règles à ce stade-ci. « Pour le moment, en respect des dispositions du décret 1020-2020, toutes les activités des jardins botaniques du Québec, incluant celui de Montréal, sont suspendues en zone rouge. Cette règle tient jusqu’à nouvel ordre », affirme la porte-parole, Marie-Hélène Émond.

Celle-ci ajoute que les raisons de la Santé publique pour maintenir l’endroit fermé « sont en lien avec les parcours piétonniers que l’on retrouve sur le site ». Rappelons que les installations d’Espace pour la vie sont techniquement classées dans la catégorie des « institutions muséales, biodômes, planétariums, insectariums, jardins botaniques, aquariums et jardins zoologiques ».

Les risques de rassemblements devant les attractions et les toilettes et autres sont trop élevés.

Marie-Hélène Émond, porte-parole du MSSS

Une question de santé mentale ?

Il y a deux semaines, une citoyenne du quartier Rosemont avait lancé un cri du cœur aux autorités au sujet du Jardin botanique, en déplorant que ses espaces extérieurs, normalement ouverts au public à l’automne et en hiver, soient fermés sous le seul prétexte qu’ils font partie d’un musée.

« On ne peut pas se permettre de perdre une ressource comme ça actuellement, a imploré Marie-Claude Giard en entrevue avec La Presse. On manque d’espaces verts. C’est frustrant de voir qu’il y en a un de disponible, mais qu’il ne peut pas être utilisé. »

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Marie-Claude Giard

L’enjeu a même eu des échos jusque dans les couloirs de l’Assemblée nationale. « Avec le confinement, ce n’est pas tout le monde qui a accès à un chalet ou à de grands espaces pour respirer et sortir un peu de son quotidien. On ne peut pas priver les Montréalais d’endroits comme celui-là. C’est autant une question de santé physique que de santé mentale », avait martelé le député solidaire d’Hochelaga-Maisonneuve, Alexandre Leduc, dans un communiqué dimanche dernier.

« Les gens profitent de ce lieu pour prendre des marches, pratiquer le ski de fond ou simplement prendre l’air. C’est le genre d’activité qui fait réellement du bien au quotidien et qui nous aidera à passer plus facilement au travers du confinement », a ajouté l’élu.

Dénonçant la position du MSSS, l’aile parlementaire de Québec solidaire affirme que le Jardin botanique est un lieu à ciel ouvert « où les consignes sanitaires sont facilement applicables ».