Une centaine de jeunes manifestants se sont réunis samedi devant l’hôtel de ville de Montréal pour revendiquer une meilleure protection de la langue française, notamment par le retrait des subventions provinciales prévues pour le collège anglophone Dawson et l’Université McGill.

Léa Carrier Léa Carrier
La Presse

« On est ici pour montrer que notre génération aussi s’inquiète de l’état de la langue française », témoigne Alex Valiquette, fondateur du Mouvement des jeunes souverainistes, qui a organisé le rassemblement.

Derrière lui, des jeunes brandissent le drapeau québécois. Un étudiant distribue des macarons aux couleurs du mouvement. « On a un français qui n’existe nulle part ailleurs. On veut protéger cette culture distincte », affirme Charlotte Massue, élève en sciences, lettres et arts au collège André-Grasset.

Elle déplore les subventions du gouvernement provincial totalisant 750 millions qui doivent être versées au collège Dawson et à l’Université McGill dans le cadre du projet de loi 66.

L’agrandissement du collège Dawson, au coût de 50 millions, figure sur la liste des chantiers d’infrastructures que Québec entend réaliser plus rapidement grâce à ce projet de loi. McGill travaille pour sa part à un projet de reconversion du site de l’ancien hôpital Royal Victoria au coût de 700 millions.

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

« Le problème, c’est que ce sont des fonds publics qui sont cédés à des universités anglophones. Pendant ce temps-là, les universités francophones manquent de fonds pour financer leurs programmes. On demande un financement par représentativité », dit Charlotte Massue.

En plus du retrait de ces subventions, le Mouvement des jeunes souverainistes réclame la création d’un Conseil de la langue française à la Ville de Montréal et l’indépendance du Québec. « C’est le seul véritable moyen de préserver notre langue », conclut Alex Valiquette.

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, était parmi les manifestants. « Je suis venu écouter cette nouvelle génération qui a des choses à proposer, des pistes de solutions à mettre sur la table », dit-il.

« Je trouve ça très inspirant, ces jeunes qui ont autant d’amour pour leur langue. Je ne peux que les encourager », témoigne la députée de Mercier de Québec solidaire, Ruba Ghazal. Elle espère que le gouvernement de François Legault passera rapidement à l’action. « Il ne fait que parler, il est temps qu’il agisse. »