Une entente en vue du déplacement des 15 cerfs au parc Michel-Chartrand est intervenue jeudi, à l’issue d’une rencontre virtuelle entre des représentants de Québec, de Longueuil et de l’organisme Sauvetage Animal Rescue.

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

« On a convenu d’un protocole […], à savoir comment on va procéder pour minimiser les impacts sur les cerfs lors du déplacement. On sait que ça peut être stressant pour eux », a indiqué l’attaché de presse au cabinet du ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), Vincent Bolduc.

Différents scénarios de déplacement des cerfs ont été étudiés. Le plus plausible serait de transporter les animaux dans un premier lieu où ils seront évalués, avant d’être mis sous sédation et envoyés dans un refuge. Plusieurs bénévoles devraient participer à l’opération.

Questionné à ce sujet, le cabinet du ministre s’est dit satisfait. « Notre but, c’est qu’il n’y ait pas trop de cerfs sur place. Et c’est ce qui va arriver. Tant que c’est fait dans les règles de l’art, c’est parfait pour nous », a soulevé M. Bolduc.

Encore des discussions

Dans un message sur les réseaux sociaux, le directeur de Sauvetage Animal Rescue s’est réjoui de la nouvelle. « Nous avons été retenus comme prestataire de service et nous aurons le mandat de déplacer les cerfs vers des refuges », a-t-il indiqué, en se disant « heureux de voir l’implication positive du ministère ».

Une demande « en bonne et due forme » d’autorisation devra toutefois être faite au ministère pour que le déplacement ait lieu. Dans un communiqué, Sauvetage Animal Rescue indique qu’il mettra sur pied un « nouveau plan d’opération » en fonction des recommandations du ministère. « Nous collaborerons étroitement, étape par étape, avec leurs représentants afin de relocaliser les cerfs. Il reste encore énormément de travail à accomplir », souligne-t-on.

Nous demandons à présent la collaboration des citoyens afin de ne pas interférer dans le dossier.

Extrait de la déclaration de Sauvetage Animal Rescue

Joint par La Presse, un porte-parole de la Ville de Longueuil, Carl Boisvert, a confirmé qu’une rencontre avait été tenue jeudi. « Notre rôle se limite à celui d’un propriétaire de terrain. Ça se passe maintenant entre le ministère et l’organisme », a-t-il résumé, en assurant que la municipalité suivra le dossier « de près ».

Des « menaces » à l’origine du volte-face

C’est lundi dernier, en soirée, que la Ville de Longueuil a fait volte-face dans ce dossier, en annonçant qu’elle abandonnait l’idée de tuer la moitié des cerfs du parc Michel-Chartrand. Mais ce changement de cap n’a pas été décidé de gaieté de cœur.

La mairesse Sylvie Parent a cité « la menace que posent aujourd’hui certaines personnes afin de nuire, voire de contrecarrer la mise en œuvre de l’opération » pour expliquer sa décision. L’élue avait fait l’objet de menaces après l’annonce initiale de l’abattage des cerfs. Trois individus ont été arrêtés.

Si plusieurs voix se sont fait entendre contre l’abattage des cerfs, d’autres ont condamné que la science n’ait pas été entendue. « On nous dit que le milieu du parc surpeuplé de cerfs est en péril, on propose d’éliminer des cerfs, solution logique efficace et peu coûteuse. Trop efficace aux yeux de certaines personnes basant leur opinion et leur jugement sur des principes moraux ou une réflexion peu approfondie au détriment de la science », a déploré le biologiste Michel La Haye, mercredi.